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Texte Libre

L'ego aime

Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /2008 10:34
Tais-toi...
Tais-toi, le corps tremble et la peau frémit. Ils étaient biens ainsi, serrés l'un contre l'autre, farouchement enlassés, ses jambes entre celles de son amant de la nuit. Tais-toi, ne fais pas ce que je dis, mais laisse dire nos corps... Il aurait suffit de cet instant, ses bras autour de son buste, sa tête camouflée dans son cou, il aurait suffit de ce seul moment de grace pour que l'un des deux hommes satisfasse ce manque cruel de tendresse et de douceur. Il ne dira pas non aux gestes qui suivront, ceux qui iront là où personne n'allait depuis bien des mois.
Sa chair vascille et l'autre, d'une feinte assurance, d'un désir indéniable tant son coeur bat fort, vite, cinglant, l'autre prend de l'emprise sur la bouche désormais muette du garçon qui n'attendait rien.
Tais-toi...
Et l'innocent parle maintenant au sexe durcit, ce sublime qu'il connait si bien, dont il s'est si souvent rappelé le goût et les formes. l'innocent n'en est plus un, qui enrobe de ses lèvres l'instrument des non dits, de l'amour qui doit se taire, puisque les amants ne feront pas acte amoureux.
Il comprend maintenant quand, à son tour, il offre son excitation à la bouche de son partenaire, et tous les deux, dans un mélange de caresses et de plaisir assumé, s'offrent la franchise de leurs virilités respectives.
Il n'attendait rien et profite désormais de cet instant qu'il voudrait voir se suspendre. Juste autour de son gland humecté de désir, la langue salivant d'une envie opressante, rester ainsi, ce sexe en bouche, ce lui en soi, toutes paroles auraient été confuses et idiotes, les gestes ont pris possession, l'ardeur a gagné la sensation et l'esprit est au dehors de ce lit d'où les draps s'écartent et se chiffonnent.
Tais-toi...
Il ne dira maux, jusqu'aux instants qu'il ne voudra jamais fatidiques, jusqu'à ces morts là que l'on prétend petites et qui ont toute la grandeur des sèves qui implorent qu'on les délivre.
Il ne dira pas, non, qu'il est déjà trop tard, "qu'il ne voulait pas", ou alors dans un spasme final qui s'écoulera le long du bras tendu de l'homme tant attendu, voulu, depuis... Depuis combien de jours maintenant.
Tais-toi, la peau aux gouttes de savon qui ont lavé son dos luisant de son bonheur sans bruit, de son aveu final, il n'est plus innocent de son corps nettoyé de l'amour qui est venu là quelques secondes le surprendre. Il n'est pas surpris de devoir réaliser que le charnel et la sensualité n'auront pas vocation amoureuse.
Il fume.
Il se tait encore, ou raconte les broutilles qui le désengageront. Puis, allongés à deux à la couche qu'ils ne devaient pas partagés, ses doigts caresseront jusqu'au sommeil son visage puis ses cheveux.
Tais-toi, l'autre se retourne et le résolu implore la nuit, son silence et le sommeil de l'emporter avec eux.
Il se tait maintenant, il n'a pas gagné, il n'a rien perdu, il sait qu'il a admis le silence et que toutes les paroles à venir auront le sens de ces mots qui parfois ne se disent pas et parlent tant...
Par David - Publié dans : L'ego aime
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /2008 07:06
Je voudrais qu'ils soient regrets, mais ne demeurent que quelques miettes de mélancolie, celles-là qui font qu'effectivement manque ou tristesse altèrent de tous petits milimètres la distance entre toi et moi désormais. Regretter ne me servirait à rien, non, pas plus à ma détresse qu'à mes espoirs d'ailleurs, les regrets sont vains. La formule est connue, mais ce qui est fait n'est plus à refaire...
Nul ne pleurera plus, cette fois, à la croisée des "au revoir", car chacun savons qu'il n'est que cela, des promesses, certes incertaines mais lucides, de lendemains dont nous ignorons tout. L'adieu n'existe ainsi pas, et sans complaisance, on ne tournera même plus la tête en arrière pour constater que la pas de l'autre n'emboîte plus le nôtre. Voilà, je n'ai pas mal, non, pas vraiment, tout n'est qu'au dessus de tout "ça", de nous, des autres qui ne nous voient plus (et ils auront raison), de quelques uns qui inventent encore pour nous (et ceux-là n'auront pas tort non plus), non, je n'ai pas mal.
Par où je m'en vais, il n'y a de la place pour qu'un, je crois. Hypothèse car la destination n'est pas définie, tout comme la place à occuper. Tu n'y seras pas, je ne rechercherai pas, pas là en tout cas, je sais où tu restes, là, sans moi, peut-être avec un je ne sais qui, mais tu seras là. Que te souhaiter de mieux, de moins, que "lui" ? Je ne saurai dire en vérité. Ta solitude m'effraie. Elle me tétanise depuis les tous débuts, la génèse qui ne prétendait encore rien des suites que nous lui avons données. Cette manière à toi de ne pas souffrir, en apparence je crois, du calme et de l'absence.
Mon dernier jour avec toi, pour cette fois, et combien de fois encore ? Je ne calcule même plus. Je ne prévois rien. Je n'ai pas de date à te donner et je te quitte, pour la première fois, sans réelles retrouvailles certifiées. Un concert ? Peut-être, et alors ? L'histoire d'une journée ou peut-être plus, qui sait... Je ne sais rien que ce tu m'as, à juste titre, interdit de penser, d'espérer...
J'ai moi-même parcouru un chemin où les idéaux n'étaient plus à supposer, où les rêves se devaient de n'être que paillettes pour embellir, et surtout, surtout, où la vie serait à consolider, pour ne pas dire "construire". J'ai fait du chemin, un tout petit bout de chemin, vers des alternatives telles que la gentillesse ou une certaine forme de générosité. Mais ne m'ont pas quitté encore l'ego déplacé, l'impudeur des pulsions enfantines, les vérités non soignées... De tous petits progrès, et je sais, j'ai compris, que tu n'espérais que cela de moi, que cela pour moi. Tu m'aimais bien mieux que moi ! Il n'était pas d'amour le plus fort, le meilleur, non, j'ai tort. Il n'était que des amours différentes, des façons de se considérer, des manières de se regarder.
Fallait-il d'une amitié avérée, sincère et plausible pour que tout renaîsse, pour que tout se comprenne enfin et s'enracine sur des fondations bien plus solides ? Je ne sais pas, ne le crois pas. Il manquait peut-être de douleur, de cette douleur là qui fait que devant l'imparable, on résiste et combat, en redorant son blason et la bâtisse que l'on choisit ou non de reconstruire commune.
Comme je l'ai déjà dit le champ des possibles est immense, la liberté de l'impossible aussi, et s'engage dans ce constat nos libertés.
Je ne peux m'empêcher des amertumes aux berceaux des yeux. Quelques larmes que je vais cacher, à penser déjà l'avenir, mon avenir, celui que je sais, probablement inévitable, en tout cas, seul accès possible pour l'immédiat.
"Il" ne changera rien en mes sentiments. "Il" n'est qu'un vieil homme aujourd'hui, plus apaisé, quoiqu'il représente comme danger encore. Je ne suis plus un enfant cependant, et ce que je peux donner de mon corps n'est pas de nature à le blasphémer encore. "Il" n'est qu'un rien qui ne m'obsède en tout cas plus, le cas est résolu, je n'avais rien à venger ou pardonner, son sort était joué, il est à cette place que je ne lui envie pas, celle des hommes de la marge qui, un beau jour, se retrouve dans la pénombre, sans personne. Je ne serai donc qu'un objet, et je n'en ai cure, mon corps ne gémit pas lorsqu'il n'aime pas. Et je sais n'être qu'un corps.
"Lui" est probablement plus "dangereux" en ce sens qu'il n'est pas innocent de tout. Et, à choisir, il est vrai que "lui" me ferait plus peur. Mais enfin, un homme qui m'aurait menacé, qui ne t'aurait pas respecté, et, soyons honnêtes, que j'ai quitté pour toi, comment se pourrait-il que cet homme là ressurgisse d'un passé dégoulinant de certaines vilénies. Je ne l'aime pas, il ne m'aime pas, car, j'en ai compris le sens, ce qu'il adule, c'est aimer posséder, détester perdre. Et si je ne sous estime pas sa virulence et ses égards envieux, "lui", ne saura pas détourner ma volonté de retrouver une certaine dignité. Pour "lui" encore, je dirai d'ailleurs pour moi, je ne saurai être qu'un corps.
J'ai peur, évidemment, qu'ils me fassent mal, que je ne mesure pas assez les risques et que surgissent en moi, sinon la haine, en tout cas le mépris, que nous savons stériles de tout. Et, si j'ai peur encore, ce n'est pas tant de moi, mais plus certainement de toi, des réactions engendrées par mes choix que je te sais avoir compris compliqués, pour ne pas dire "en impasse"...
Qu'"il" ou "lui" ne modifient rien, je voudrais te le supplier, sans droits pour cela. Mais s'il te reste l'espoir, non, au moins l'estime de moi, dis-toi alors, que ce ne sont que des "moyens de" et non des "issues à"...
Il fallait que je retrouve la combativité pour le corps, et l'ambition pour la carrière, c'est ce que tu voulais. Je crois même ne pas me tromper en disant que si tu ne m'as jamais demandé de rester ou de revenir, ce n'était que pour cela, que pour moi. Tu m'aimais. Tu voulais que je réalise là où je ne le faisais pas, ou mal, des choses utiles et efficaces, pérennes et solides. Je me suis engagé, hasardeux sur cette voie, et tu auras eu raison. Il me faut la stature sociale, il me faut la force physique, alors je ne saurai revenir, là, immédiatement, sans que je ne sois devenu plus fort, peut-être "meilleur". Et admets que le chemin engagé me réussit pour le moment...
Oublions les ces deux hommes là, veux-tu, même s'il m'est plus facile de me le convaincre que te l'imposer. En tout cas, ne crois pas d'eux ce qu'il ne seront jamais. Et je ne dis pas pour cela que tu "es" ou "seras" puisqu'encore une fois, je ne sais rien de "nous", lui même entre parenthèses. Je dis que j'ai besoin de ton estime au moins équivalente, sinon grandissante. Je dis que tes avis ont valeur de progression et que ta tendresse a couleur de réalisme, peut-être d'optimisme. Ne me quitte pas, en ces sens là, seulement en ceux-là.
Pour le reste, nous sommes libres, je reconduis mon propos. Je m'avoue enchaîné de toi, sans honte non plus, j'avoue vouloir le rester longtemps, mais j'admets aussi que je ne sais rien de demain. Je n'ai pas confiance en une quelquonque fidélité de toi, non pas que tu sois homme à trahir, mais bien d'avantage parce que l'incertitude des horizons m'empêche clairement de prétendre avec vanité.
Si tu conserves alors l'idée de ma présence, de mon existence, alors rien, je dis rien, ne brisera le "lien" quel qu'il soit. Tu sais mon orgueil et mes entêtements, je ne serai jamais l'objet soumis ou asservit de qui que ce soit, même plus de toi, c'est dire 
Je m'en vais demain. Je n'ai pas peur. Je ne suis pas triste. Ou alors, d'une tristesse qui ne va pas se liquider en place publique. Je m'en vais demain, mais demain est aussi un jour où nos voix, nos mots, que sais-je d'autres sauront longtemps se dire que nous sommes là, pas si loin que cela.
Je t'aime. Ne pas le dire, l'assumer serait bien pire. Il en est ainsi des histoires qui, j'ai envie de le croire, en s'échouant sur les rochers aiguisés, ne se brisent ni n'éclatent en mille morceaux de pourrière éparpillée. Il reste ces réalités de nous, il reste, une substance, de l'inqualifiable mais du véritable.
Je t'aime, tu le sais bien va. Et je sais aussi ta réponse à ce qui n'est plus là, une question.
A bientôt.
Par David - Publié dans : L'ego aime
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /2008 18:17
Petit boy, v'là le surnom que je t'ai trouvé, Petit boy, oui, ben parce que tu restes mignon et gentil, t'es un peu brebis, et j'me dis que je me contenterai bien là de cette image, je sais bien va, que y'à toujours un loup plus ou moins féroce dérrière.
D'accord, tu m'as rencontré là où nous n'aurions jamais du nous croiser, d'accord, te retrouver quelques jours plus tard derrière mon box de conseiller de l'emploi m'a vraiment destabilisé, d'accord, tout ça n'est pas bien cohérent et frise avec les limites du raisonnable...
Tu es arrivé là, tu avais rendez-vous avec David C., ton nouveau conseiller "référent", celui qui allait te suivre désormais dans tes recherches d'emploi. Tu ne connaissais même pas mon nom de famille, ni moi le tien d'ailleurs, lorsque je t'ai vu sur la liste de mes rendez-vous de la matinée...
Alors quand je suis sorti de mon bureau et que j'ai appelé Julien C., je t'ai vu assis dans la salle d'attente, et, malgré ce sourire qui ne disait que "salut je t'ai reconnu", jamais je n'aurai pensé que tu allais te lever et te diriger dans ma direction pour me tendre la main que je t'avais offerte...
Et, la porte refermée, je savais déjà que l'entretien serait impossible, infaisable, j'en ai eu des sueurs, je te l'avoue maintenant. Et ces mille questions sur la façon dont j'allais m'en sortir pour ne surtout pas sortir de mon rôle, de ma fonction !!! Tu as dis "tu" de suite. Malgré deux ou trois "vous" de mauvais recadrage, voilà que je m'embarquais dans ton tutoiement imposé, et tu dirigeais maintenant l'entretien. Du contrôle de tes recherches ? Il n'en fut pas question. De l'aide que je pouvais t'apporter ? Vaguement nous évoquerons des pistes relativement floues... Ton regard insistant, tes façons perpétuelles de détourner le motif même de ta présence ici, tes allures de petit boy, vraiment, je me souviendrai toujours désormais de cette anecdote là...
Je dis "anecdote" et tu t'en vexeras sûrement mais si je n'ai pas su te dire tout cela de vive voix, que je t'ai emmené ici, sur un territoire qui peut m'être dangereux (par l'exploitation ou non que tu en feras), c'est qu'il m'est bien plus facile de t'écrire que de te dire, petit boy.
Tu as dis "tu" et je t'ai donné mon numéro personnel. Tu as téléphoné sous de faux prétexte (ton cv était parfait tu n'avais besoin d'aucun conseil) et je t'ai proposé d'aller boire un verre. Deux mois bientôt que dure cette danse où tu guides mes pas. J'ai été petit boy un jour, tu sais, et je vois bien où tu te diriges et voudrais m'emmener avec toi. J'ai été petit boy, oui, et tu me fais du bien, du sourire, je regrette ce temps là, ces moments où je pouvais tout me permettre, usant d'atouts supposés pour faire vasciller des prooies à qui je laissais penser qu'elles demeuraient chasseurs. C'est probablement ce qui me sauve de toi, petit boy ! C'est sûrement ce qui me préserve et m'assure quelques défenses, sinon oui, je le reconnais, malgré tes 11 années de moins, tu connais très bien les manières, les ruses et les façons d'amadouer les hommes tels que moi. Et tu me fais comprendre par là même que je suis devenu ceux vers qui je dirigeais mes séductions autrefois. Tes 22 ans, mes 33 ans, tu crois en la force des possibles, je crois en l'avéré d'une certaine mâturité, et résultat ? Nous nous trompons l'un et l'autre, sur nous, sur l'autre et sur les finalités de tout cela.
Ne pense pas que je veuille ici te détruire ou communiquer sur une lâcheté qui n'oserai s'exprimer autrement. Non, mais ici, là, en fouillant, tu trouveras certaienement quelques réponses à notre devenir petit boy.
Tu comprendras qu'il est un Monsieur dans ma vie, oui, celui dont tu m'as déjà dit quinze ou vint fois "laisse tomber, c'est mort", oui, lui, mais vois la force de mes sentiments encore vifs et présents, vois mon implication même cachée ou réprimée. Je ne suis pas de ceux là que tu rencontres dans cet endroit où le hasard nous a réuni, non, je ne suis plus, ou pas encore, qui sair, prêt à revivre ces façons là.
Tu ne peux pas me dire "tu", je ne peux pas répondre à tes appels, tu ne peux pas me toucher ou rester ailleurs que sur la chaise où je te reçois, je ne peux plus être celui qui peut et doit te suivre petit boy. Tu as besoin d'aide, de soutien et surtout d'outils pour des voies bien différentes que celles qui flouent nos rapports. Et je n'ai plus le recul ni le professionnalisme de te les apporter. J'ai demandé à ne plus te suivre petit boy et, le mois prochain, je ne serai plus celui qui appèlera ton nom dans la salle d'attente...
Ce n'est pas un manque de courage que de ne pas te l'avoir annoncé ce soir lors de notre ultime entretien, tu ne m'as même pas laissé en placer une, saleté de gamin !
Tu réussiras, c'est certain, et l'aide que je peux t'octroyer est bien maigre, tu as toutes les cartes dans tes mains, je ne me fais pas de soucis vois-tu.
Est-ce à dire que, débarrassé de mes engagements professionnels te concernant, j'ouvre la porte à d'autres alternatives, non petit boy... Je m'en vais bientôt, c'est un pâle motif certes, mais si tu en désires de plus sérieux, alors chaque fois que tu liras ici "Monsieur", tu comprendras. Si la maladie ne t'effraie pas, c'est que tu ne la connais pas, que tu es dans l'hérésie, l'utopie du plaisir instantané, sorte de passion non maîtrisée, cela aussi, je l'ai bien connu, pour ne pas dire subit, petit boy.
Même une heure avec toi ne m'est pas envisageable, j'en ai fini de l'amour, j'en ai fini même des sensualités qui veulent se suppposer durables, j'en ai fini des engagements qui se contredisent ou n'attisent que la peine finalement. Alors, je ne veux pas briser tes rêves, tes mille et une manières de combler le vide par un instinct de séduction permanent, mais si tu ne comprends pas mon propos, entends le au moins, il est le mien, ma vérité immédiate, et si elle n'est pas pérenne, que je change un jour, de discours ou d'envie, elle est en tout cas mon actualité.
Monsieur est toujours là, qu'il veuille ou non de moi, s'il m'a dit que nul retour en arrière n'était possible, et même s'il m'a à présent remplacé, Monsieur est toujours là. Et j'aurais le sentiment de nous tromper tous trois si j'acceptais le seul plaisir d'une moindre incartade en ta compagnie.
Evidemment merci pour les compliments, les avances et cette sorte de fougue qui semble sincère. J'ai été petit boy, je sais bien que tu te remettras aussi vite de moi que je me complairais un petit moment de ces sourires que tu m'as permis de délivrer à un moment où seules les larmes se voulaient maîtresses du quotidien.
"Restons amis" ? Pourquoi pas... Mais hélas, cette issue là, j'ai appris à ne plus trop l'espérer, Monsieur en est le dernier témoin, le dernier démonstrateur.
Oui, ton corps, tes sourires, cette si jolie manière de tenter toutes les formes de destabilisation, bien sûr que je n'y suis pas insensible. Bien sûr que si je le pouvais, je t'offrirais mon lit et mes bras surtout, l'espace d'une nuit, une nuit seulement, mais vois-tu, même cela, je ne le ferai pas.
A mourir pour mourir, petit boy, je préfère que cela se fasse sans toi, plutôt que tu n'y contribues de quelquonque manière. Tu ne sais pas tout, je n'ose pas dire que tu ne sais rien, mais je suis là sur une route de laquelle je ne veux plus sortir. Elle est ma voie, une décision, ferme et définitive, ma propre issue, et une finalité bien déterminée. Tout ça pour Monsieur ? Oui, peut-être, et alors... Vengeance ? Certainement pas. On ne se venge pas de quelqu'un qui compte et compte certainement trop. On ne se venge pas de quelqu'un qui a oublié que vous étiez vous-même quelqu'un. On ne se venge pas, tout court. C'est aussi mon message petit boy. Pas de rancoeur, s'il te plaît, pas maintenant, pas pour ça.
A bientôt petit boy, je crois toujours naïvement aux "à bientôt", même s'ils se transforment souvent en "adieux" non avoués.
Par David - Publié dans : L'ego aime
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Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /2008 22:44

Alors oui, l’on sait, l’on comprend, alors oui, le jour où l’appel tant attendu, de LA personne ne retentit pas, alors oui, ce jour là, l’on prend de fait la vérité, ce qui sera maintenant la réalité. Alors oui, lorsque, sorti du plus petit sentiment amoureux, l’on s’accroche encore et tout de même à un soupçon de compassion, à cette « fameuse » amitié sensée renaître des cendres, même si les braises sont encore vivres, même si le feu est à peine éteint, même si la flamme s’essouffle seulement, alors oui, dans le silence qui vous assomme l’on comprend. Alors oui, quand sorti d’un « tout », on s’efforce de ne pas transformer l’essai en « rien », lorsque des promesses ne sont pas établies mais que les regards semblaient les avoir celées, lorsque malgré tout cela et ces fausses illusions, on traverse les couloirs en blouse du bleu urgences, seul, hagard, puis, l’on prend la route d’un chez soi où même son nom n’est même pas inscrit sur la boîte aux lettres, quand on n’a pas su qui joindre au beau milieu de cette nuit là, la bouche séchée de sang, les mains qui tremblent des effets encore maudits du « déchocage…  Alors oui, l’on sait, après un texto lancé dans la nuit muette. Alors oui, l’on sait le lendemain plus noir et sourd, alors oui, l’on sait toute cette journée de rétablissement durant, alors oui, l’on sait, tout ce qui était, ou que l’on croyait être, l’on sait les lendemains et ce que l’on se figuraient d’eux pour soi, pour nous, un nous de pacotille depuis la genèse, l’on sait que LA personne n’est plus qu’une personne, parmi les autres, qu’hier, on usait probablement seul des majuscules pour la nommer, que demain l’on inventait sûrement seul les majuscules pour décorer des restes des l’aigreur que l’on a évité  des symboles de ces amitiés impossibles. L’on sait dans la solitude, ce silence extrême, l’on sait que l’on ne compte plus sur dix doigts, que l’on ne calcule plus sur une main, et que n’est pas tendue à sa paume, l’autre poigne qui devait vous relever…

Alors oui, l’on sait qu’hier n’était pas vraiment ce que l’on supposait. Peut-être qu’on réalise que l’on a effectivement bien agit, en inventant l’hier justement. On balaye d’un coup le présent, car là, l’instant, si constitué de rien, n’indique plus que la voie de l’oubli et de l’insensé. Et l’on sait, l’on pleure, que « demain » n’appartient plus même au vocabulaire des maux que l’on invente pour dire des amours différentes.

Alors oui, l’on sait. Et l’on ne prend même pas soi-même le combiné, l’on ne désire pas entendre la voix, l’on se convainc que cela ne sert plus à rien, l’on s’allonge car l’on doit récupérer de sa propre lassitude physique d’abord, et que le reste viendra bien assez tôt.

Alors oui, l’on sait. On ne pleure pas vraiment. On ne comprend que l’évidence. On reprend le dessus sur les dessous du fléau qui est venu anéantir les derniers espoirs, on maudit l’espoir, tiens justement ! Et l’on dort enfin, mal, énervé ou embrouillé de marasmes qui ne veulent, derniers résistants, pas encore réaliser.

L’on sait, l’on comprend. L’amour n’a pas été, n’est pas, ne pourra donc plus être. On regrette. On ne peut que comprendre, c’est idiot, on est en tort, le seul fautif, et l’on n’éprouve nulle révolte. On aura bientôt 33 ans, et l’on s’endormira en achevant une année de plus, comme l’on déambule dans les couloirs des hôpitaux, seul. Parce que l’on sait maintenant, parce que l’on a compris.

Par David - Publié dans : L'ego aime
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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /2008 18:20
Ecrire, encore écrire... Une solitude soudaine au sein de mon quotidien, un calme inattendu me ramène à l'exercice et, pourtant, le temps me manque... L'afflût d'inspiration, le brouillis des idées, la multitudes des envies à évoquer, bref, je ne trouve pas les biais, les parades pour exprimer en toute justesse les émotions du moment. Et puis l'excitation, là, mon grand défaut, les pulsions, les impulsions qui gisent de nulle part et qui veulent toutes être entendues en même temps et au même volume...
Joie, sérénité et apaisement, voilà le premier constat "résumé".
Mes nuits sont désastreuses, mes journées mobilisées à un travail sous lequel je croule et qui, finalement, a repris le dessus sur tout, sorte de "protection" contre tout le reste, et donc, les mauvaises pensées, et le stress qui s'enchaîne, le vide de tout ce que l'on ne veut pas communiquer ou penser...
Mais toujours cette foutue tendresse, le manque cruel du moment, un bisous, une oeillade, une carresse, un mot doux, une gentillesse, n'allons pas jusqu'au compliment, mais bon : "David, t'es là, on te voit, on t'aime"... C'est fichu pourri de vivre seul, de ne plus avoir le compagnon des habitudes, la notion effective de vie de couple, même quand celle-ci finalement n'est pas parfaite...
On ne m'a souvent décoré de grandes démonstrations de tendresse et je dois dire que j'ai du galérer avant de ne l'apprivoiser moi-même pour pouvoir finalement la rendre. Mais je ne sais pas, une fois tenté et complice de la belle, l'addiction paraît certaine, à ne pouvoir s'en défaire...
Et je voulais parler hier soir, je me faisais cette réflexion toute illogique et saugrenue lorsque je fais un tour sur mon passé, qu'est devenu le sexe dans ma vie, ma libido, mes états de gesticulation post adolescents ? Rien, le grand rien. Pour l'homme, remarquez, probable aussi pour la femme, je ne maîtrise pas autant le sujet vous me l'accorderez, le sexe, la jouissance est accessible aisément, de la plus glauque à la plu élaborée des façons, mais soyons honnêtes, contenter ses petites folies fantasmées de l'instant ne relève pas, pour le mâle, de la sérieuse difficulté... Et bien quoi, que m'arrive--t-il ? Rien, pas la moindre de la moindre envie.
Aucune image, aucune pensée, aucune sensation qui voudraient m'emmener vers ce précipice là, dans lequel j'ai trouvé tant de satisfactions si souvent. Le corps, la chair, la présence, la chaleur, ces aspects me manquent, mais l'acte physique, la jouissance, la virilité que tout peut incarner, non, rien, pas d'envie ou de fantasmes cultivés.
Un ami me disait "ça y est tu es vieux". Quel con ! Et merde, ouai, si c'était cela que de n'être qu'adulte et sensé, raisonné, capable de maîtriser au plus haut sa libido. Le pire est que cela ne demande aucun effort précis, puisque je ne suis pas dans l'état d'esprit du truc. Rien, un grand rien, je le redis.
Alors, écrire tout cela démontre bien qu'au fond, je pense au sujet, que tout cela m'interpelle, mais je trouve si décalé mon attitude présente d'avec celle que j'ai toujours connue et appliquée, que finalement, une sorte de mélancolie en ressort. J'aime le sexe, au point je crois de pouvoir dire que nombre, voir la majorité de mes relations ont souffert d'une certaine distance ou incompréhension avec l'autre sur ce sujet. La jouissance physique n'a pas de pareille, l'exercice, quand il est devenu art charnel ou total abandon, est un délice que je ne pourrais jamais renier. Mais le sexe détruit, le sexe maudit et contredit, il épouse des formes qui travestissent les vérités essentielles.
Je ne veux pas vivre, là, de suite, d'aventures pour des aventures, mais je ne sais pas si je suis capable de me laisser dans l'abandon de ce rien sensuel.
Je  n'ai jamais eu d'autres armes pour me faire aimer que de donner, gratuitement et sans vergogne, mon corps, en guise de "récompense", et dieu sait qu'il n'en est pas une, et que je suis loin d'avoir la moindre vanité sur mes aptitudes sexuelles. Mais, pour un espace de tendresse, une minute de duceur, une nuit moins seul, faudrait-il en passer par là... Donner ce que je ne considère par ailleurs pas pour essentiel ou fichtrement intime, mon corps, pour profiter en retour moi-même, d'une autre forme de sensualité, de contact...
J'ai l'envie d'embrasser à pleine bouche les lèvres d'un homme, envie de lécher tendrement sa bouche et d'en dessiner les contours de ma langue, légèrement tremblottante, j'ai envie de cela, de ma main posée sur une poitrine nue, de m'endormir contre des cuisses dénudées et lassives, j'ai envie de ce rapport là, peut-être vain mais si rassurant.
Evidemment, j'évoque cela, et je pense forcément toujours au même homme pour répondre à cet irrepressible besoin. Mais, même si peu de temps s'est écoulé depuis notre rupture, j'ai cette certitude, peut-être erronnée, qu'à la moindre envie similaire, le dit monsieur ne se gênera pas pour associer à son corps une sensualité qui ne serait plus la mienne. Devrai-je attendre, maîtriser encore, jusqu'à me dire, je suis parvenu à un respect de moi-même, de mon corps et peut-être donc de l'autre ? Je ne sais pas.
Chaque jour est un jour où je me dis qu'à n'importe quelle heure, monsieur peut m'annoncer, "voilà, j'ai vécu telle expérience avec telle personne", ou sans rentrer dans les détails d'ailleurs, mais je sais qu'il en aura le respect. Je crois sans trop m'avancer que j'éprouverai, en l'état actuel du manque de lui, une jalousie certaine, mais aucun sentiment de colère ou de véhémence, simplement une sensation d'injustice à me dire : "mince pourquoi je n'y arrive plus moi"...
J'ai perdu de nouveau pas mal de poids, mon physique s'est à nouveau transformé, l'effet récurent et incompréhensible de chacune de mes ruptures, et de nouveau, à bientôt 33 ans, je retrouve des regards complices, des attitudes à mon égard qui dégagent une certaine complaisance, un degré de fierté à se sentir vivant, séduisant, sinon plaisant. Autrefois, j'aurai réagit, agit, me serai affolé ou embarqué dans la plus désastreuse démonstration de ce genre. Aujourd'hui, rien, je souris, je réponds avec la cordialité qui s'impose mais je poursuis ma route sans même me retourner, pas envie de savoir si le regard offert a perduré, si le sourire était une invitation ou simple marque de courtoisie ou de "reconnaissance"... Non rien, juste une demi satisfaction d'avoir profité d'une lueur de gentillesse et de laisser la filer derrière mon dos.
Mais la maladie me gagne, cette foutue obsession de la vieillesse, des complexes qui ne se tempèrent pas depuis le temps, et j'ai peur, peur d'être arrivé là à un stade où l'envie, carrément l'envie pourrait m'avoir quitté ou soldé de tout compte avec la sensualité et le corps.
Bla bla du soir, bonsoir, mais bon, la bonne humeur ambiante est entâchée de tordus questionnements !
Par David - Publié dans : L'ego aime
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Dimanche 11 mai 2008 7 11 /05 /2008 08:57

Hier soir, Monsieur, « HIM » tel est son surnom, ou « Loustic » pour les plus intimes, c'est-à-dire MOI, participait à l’anniversaire de l’une de ses plus fidèles amies. Et 50 ans, j’imaginais déjà que ce devait LE grand anniversaire… beaucoup d’amis présents, Le fameux « Ice Beauty » rencontré sur Paris avec Monsieur, dont d’ailleurs je tairais sur le coup le charme ravageur et le physique tout à fait approprié à mes goûts personnels, et un tas d’autres amis que je ne connaissais pas ou imaginais sans assurance de les savoir ou non conviés…

La dite cinquantenaire est une femme très gentille, à qui je n’ai pu réellement parler qu’une seule fois sur les 9 mois que j’ai passé à Perpignan, et chaque fois que je l’a croisait ça et là, elle ne manquait pas de m’embrasser et de me toucher deux mots. J’étais certes l’ami de Monsieur, mais j’étais considéré, et je l’avais en estime pour le peu que je la connaissais.

Cette soirée sonnait pour moi, à distance, le soir de tous les paradoxes. Remplis d’émotions contraires, d’idées vagabondes et farfelues, je me réjouissais en tout premier lieu de la distraction collective qu’allait vivre mon amour perdu, bien trop solitaire à mon goût et qui évoquait ces derniers jours de l’ennui, peut-être de la solitude. J’aime le savoir avec ses amis, les vrais, les solides, ceux dont il me parlait en tant que tel, peu mais visiblement sincères et importants… Premier paradoxe égoïste et égocentrique, je me demandais de suite pourquoi durant notre vie commune, nous n’avions jamais partagé ce type de soirée, jamais hormis un restaurant pour célébrer l’arrivée d’un collègue au travail de Monsieur, mais repas relativement officiel je dirai… La honte de moi ? Notre plaisir à nous suffire de nous deux dans un quotidien calme et bien établi, je ne sais pas, je me souviens seulement n’avoir pas vécu de soirées de ce type avec lui.

Hier soir, j’étais heureux, et ce fut vraiment la première émotion ressentie, sincèrement. Le savoir de sortie, bien qu’ayant entendu, encore il y a peu, les dérives possibles de cet homme à l’issue de ces sorties pour quelques fois « arrosées », peu importe, l’essentiel me semblait soudain être cette possibilité pour lui de se distraire, de sortir de son appartement trop grand (évidemment je ne sui s plus là pour l’occuper !), mais aussi, une manière de renouer d’avec sa vie d’antan, je veux dire, d’avant moi.

Mais il faut dire que depuis deux jours, Him a des remarques blessantes, une distance étrange. Et hier donc, juste avant son départ, l’énième coup de merde de l’ex. Des annonces faites à ma place, des aveux que je voulais réserver à l’heure adéquate, bref, des évènements brutaux qui venaient contrarier l’ambiance générale. Monsieur ne devrait croire que mes versions, que ma vérité car elle n’a pas été toute divulguée, compte tenu du temps pressant, mais non, il aura fallu que ce meneur de  torts viennent là éparpiller des graines de doutes ou de poison.

Alors les doutes, les paradoxes, les peurs, un tas de mauvais sentiments se sont emparés de moi.

Malade depuis 4 ou 5 jours, bronchite asthmatique, la forme physique prend vite le pas sur le moral et j’avoue ne pas toujours contrôler en telles occasions mes émotions (déjà qu’en tant normal l’impulsivité l’emporte sur la raison à bien des reprises !). Mais, fait exceptionnel, j’ai dit à Monsieur, par texto interposé « sois heureux ce soir, amuse toi, passe une bonne soirée », avec une touche espiègle dont je ne peux jamais me passer « à bientôt, si ta soirée ne se finie pas accompagné ».

Première peur : oui, voilà, le savoir pris dans le tourbillon d’une sorte de coup de foudre « libidesque » ou que sais-je, un charme irrésistible, je ne sais quoi, un homme, un autre, sous les effets de l’euphorie ambiante, des substances tourbillonnantes, etc… Et le savoir ne pas rentrer seul, savoir que son lit sera enfin partagé par un autre depuis moi... Horrible torpeur à ne pas me lâcher, sans compter la conversation récente vécue à Paris avec messire le Pharaon, ami de Monsieur qui me racontait de vertes et des pas mûres sur le passé de Monsieur avant moi (que j’avoue avoir vaguement connu ou entendu pas aussi franchement détaillé).

Him m’a fait la promesse de m’avouer le jour où il vivrait ce type d’aventure, d’un jour ou de plusieurs d’ailleurs, je sais que c’est curieux, la requête émanant de moi, mais je sais aussi que cela me servira, que cela modifiera la donne, que cela aura sur moi des effets certes dévastateurs mais probablement irréversibles, encore que… Depuis qu’un semblant de soupçon s’est instauré sur une hypothétique infidélité de Monsieur durant notre vie commune, je crois que mes théories sur la fidélité ont bien évolué…

Bref la solution fut : deux somnifères au lieu d’un seul comme à l’accoutumée et coucher à 21h s’il vous plait. Et là, la belle erreur, la monstrueuse connerie… Le sommeil a directement et très vite dérivé sur un rêve absolument terrifiant, à n’en plus savoir si j’étais à cette dite soirée ou non, et si tout ce que je visionnais là ne représentais rien de prémonitoire…

Je voyais Monsieur, enivré, très légèrement, mais léger et papillonnant, courtisé par cet homme tout à fait à son goût. Entendez « à son goût », quelqu’un de totalement opposé physiquement à ce que je suis. Et j’assistais au spectacle affreux d’une séduction progressive entre les deux hommes qui peu à peu se rapprochaient, riaient et semblaient partager, ma foi, une intimité, tout à fait hors des propos festifs de la soirée. Quand soudain l’ex, mon ex arrive là (et ici nous ne sommes plus dans la prémonition !), me provoque, violent, virulent et brutal, et s’aventure à choquer l’assistance par des gestes et égards à mon intention franchement déplacés. S’en suivent des jeux de perversités absolument atroces, les deux « couples » fantasmés se mènent un mauvais combat de rivalité totalement perverse.

Monsieur et son homme partent ensemble, je les suis du regard, je vois par la fenêtre qu’ils s’engagent en direction de l’appartement autrefois partagé, et l’ex sourit d’un air mesquin, m’assénant là du dernier coup fatal.

Réveil brusque et tonitruant, la fièvre, 38,5°, délires, plus moyen de trouver le sommeil, même le chien est dérangé par les vas et vient répétés dans le lit trop petit. Minuit ou presque, plus moyen de dormir, larmes, soupirs et petits rictus de la scène virtuelle vécue. Mais inquiétude et angoisse, sanglots, et là je ne retiens pas un sms, vu l’heure tardive à Monsieur. Je ne me souviens plus de la teneur exacte d’ailleurs. Un « je t’aime de plus » sûrement, une pensée pour lui, rien qui ne soit trop équivoque je pense, pas de réponses, je ne retrouverai pas le sommeil avant deux ou trois heures.

Monsieur ne répond jamais, jamais, au « je t’aime » que je peux parfois lui adresser, de moins en moins nombreux quand même, mais rien, jamais le moindre commentaire.  Ce texto était malvenu, mais je ne sais pas, je ne me souviens de rien, je n’enregistre pas mes messages envoyés, et puis quelle gravité, probablement efface-t-il depuis longtemps tout ce qui provient de moi.

Ce matin, la fièvre est tombée. La gorge et les bronches, en plus d’être encombrées, nouées je dois dire, de peine et de questions. Je n’en poserai pas, je ne me déclarerai pas. J’arrive aujourd’hui à retenir toutes ces envies incessantes de le contacter. J’ai eu l’idée récente, puisque je serai en vacances de venir passer chez lui mes 33 ans, je ne voulais pas de fêtes, pas d’anniversaire à proprement dit, mais je ne sais pas, n’être qu’avec lui, rien que lui, et son cops, et mon cyclo. L’idée était saugrenue semble-t-il, quasi refoulée de Monsieur, en tout enserrée dans des conditions bien trop nombreuses pour que je puisse m’engager à la moindre promesse ou tenue demandées. Alors, comme toutes les années, je ne fêterai pas cet anniversaire, encore une fois le but n’était pas là, alors, comme toutes les années, je dirai « je suis seul, je n’ai pas d’amis », la Cosette qui se complaît à la perfection.

Aurai-je la moindre nouvelle de Monsieur ce jour ? L’angoisse était là au réveil à 6h, vive encore. Tout peut prendre un nouveau tour aujourd’hui, tout peut me résoudre, alors que rien aucune décision n’était clairement prise, si ce n’est des propositions que je n’ai pas eu le temps de faire, des surprises que je voulais laisser à l’appréciation de Monsieur. Il n’a jamais dit qu’il ne m’aimait plus, il n’a jamais dit qu’il ne me reprendrait plus, les seules choses qu’il ait pu balbutier ce sont des « je pense que non », et aussi, soyons honnêtes, « pour moi, les choses sont claires ».

Drôle comme le temps passe et que l’oubli ne s’opère pas ni le souvenir de s’amoindrit, pire, j’ai le sentiment que tout s’alimente et s’agrémente de jour en jour. J’avoue connaître un remède, mais il est purement dégueulasse et vomitif, je ne saurai pas survivre à ça. Pas là, tout de suite.

Par David - Publié dans : L'ego aime
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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /2008 09:51

C’est bien le cœur qui parle pour raison, mais entendons-nous bien : la raison n’accède qu’à peu des volontés du cœur. C’est ainsi que je vois, que je ressens, car il est un intérieur à mes émotions, comme si chaque larme ou sourire avaient pour fleuve à se laver mes veines palpitantes. C’est ainsi que je comprends, de par ce regard extérieur, chaque jour plus âgé, meurtri, mais pas seulement, accomplit, soumis à des épreuves dont, d’ailleurs, je ne suis pas le seul « esclave ». Car d’enchaînement, il s’agit bien, l’éternel privation de liberté que seul nous inspire et nous confère l’œil aiguisé d’autrui. Je n’ai jamais su exister que sous cet angle là, au travers des ces avis là, cela fait de moi un égocentrique, mais hélas, un triste soldat qui irait au combat sans autres armes que le bouclier qu’on voudra bien lui prêter. Je ne suis rien, sans être pour ceux-là, et je suis encore moins quand je n’accède plus à l’essentiel qui ne se résume jamais à des précisions théoriques.

J’ai mal, c’est à n’en point douter. Si mal… J’ai beaucoup écrit les mots du désamour, j’avoue découvrir le mal du mot qui s’empêtre dans l’amour qui s’empêche et se restreint.

Je t’aime.  De ce constat, le plus beau, n’est-il pas vrai, le plus abouti, ne dit-on pas, je n’ai pas la moindre opportunité, pas la plus petite perspective. On me parlera d’espoir, mais le traître est un brocanteur de pages de romans déchirés, des épopées qui commencent à un siècle et s’achève sur deux ou trois autres plus tard. Nos amours ne sont que les lambeaux des pages déjà écrites et lues, nos amours n’ont d’original que nos singularités bien distinctes, mais qui sommes-nous donc, le saurons-nous un jour, franchement, faudrait-il absolument le savoir… A ces questions, je me laisse gagner par la fatalité, ta fidèle, ton alliée, et ta défense première.

Nous venons de partager quelques jours, loin de nous, loin de nos univers autrefois communs et rompus depuis peu. Nous venons de nous retrouver pour quelques promenades, quelques errances et des tirades extraites de nos viscères, avec plus ou moins de vérité, sinon de complaisance.

Tu ne t’es pas débattu devant mes baisers, tu ne m’en as rendu qu’un, toi-même sujet aux cautions du cœur et de la raison. Et ce que j’aimais là, dans cette scène, c’est que tu souffrais à vouloir à tout prix te départir. Je ne comprendrais jamais. Tu as dormi, je t’ai caressé les cheveux pour que ce la quiétude justement t’emporte, et tu ne sais certainement pas que ma nuit fut semée de quelques réveils brusques, à t’entendre respirer fort, à tes genoux s’étirant sous les draps rêches, à ton souffle, celui de l’enfant qui a bien trop vécu sa vie d’homme.

Tu m’as toujours appelé « bébé » et, parfois encore, tu prononçais ces mots là, je me reconnaissais évidemment, mais ils m’interpellaient. Tu fuyais mon regard et, parfois te posais sur mes yeux, mes gestes ou façons, j’ai vu, je n’ai rien dit. Et puis, tu as eu ces distances à imposer, les règles de la raison, toujours, souvent en tout cas, contrecarrées pas tes envies profondes. Et je devinais, comme aux derniers mois de notre vie commune, par intuition, déduction et, finalement, naturel, que tu m’aimes. A ceci, je te disais « j’ai vu que tu m’aimais, et je ne comprends pas le paradoxe entre ce sentiment et tes attitudes inverses ». Tu me caressais la joue pour balayer l’explication de trop, l’espoir inutile.  

Nous sommes deux énigmes l’un pour l’autre, j’ai retenu ce terme. Même si tu crois en la fluidité de tes positions, ton goût pour le secret, ton naturel pudique et tes instincts de protection, tu faillis parfois à ces pendants bien trop cultivés pour retrouvés l’inné de la vérité pure et donc, de ton amour, de ta tristesse aussi, de ta colère sûrement, mais de ton désarroi surtout.

Ô certes, tu n’es pas à l’agonie, comme tu me l’as indiqué « je t’ai fait souffrir », mais non, « je ne t’ai pas beaucoup fait souffrir ». Ces petites phrases qui résument tant ton aisance naturelle à me blesser d’une certaine indifférence. Il faudra toujours que je n’existe pas, ou moins, et que jamais tu ne fissures le métal de ta grande armure. Je ne crois pas que tu me veuilles du mal. Non. Je pense désormais qu’il te faut m’atteindre là où tu as décelé mes points faibles, m’atteindre pour me raisonner, me limiter, me tempérer. Et cela, nous le savons bien, ne peut que contourner les remparts plus ou moins solides de mon ego.

Mais à ne plus me faire exister, à flouer les indications, à ne plus m’octroyer de statut défini, j’ai aujourd’hui le mal du cœur qui vient assaillir celui de la raison. J’ai aujourd’hui la passion des infinis champs du possible qui s’est éventrée des doutes de la cruelle vérité, si tant est qu’elle est la vérité.

A de multiples reprises, j’aurais voulu ce courage pour nous détruire mieux que je ne l’ai fait, aspirer jusqu’à la moindre poussière affective d’un plancher ras de nous. Mais je n’en ai pas la force, pas la volonté, pas l’envie, et pas le sang. On l’évoque souvent en imagerie, en poésie, mais voilà que mon sang, ma chair, mon corps, tout ce que je suis s’emballent aujourd’hui, et encore plus pour toi (parce que décuplés par l’absence j’en ai conscience). Mais je hais ces sensations d’ivresse et de plaisir qui gagnent mon épiderme lorsque je te frôle. C’est la peau alors qui ressent et éprouve. L’envie de te toucher, cette sensation de faim vorace et sensuelle, cette impression d’appétit charnel et doucereux.  Je ne maîtrise plus rien alors, je suis libre, c’est un corps qui s’exprime, et la retenue que je puise néanmoins je ne sais où est un supplice hargneux. Mais je peux être dévoré par le désir, je ne le cacherai pas, tu es beau, mon beau, celui que je serai le seul à voir sous cet air là, cet esthétique là, cette beauté.

Quand je doute le plus, que je pleure à m’en déchirer de cris sourds le fond d’une gorge bouchée de sanglots, c’est que je t’imagine justement à mêler ton corps à celui d’un, de plusieurs autres. Curieusement, je ne crains pas les sentiments que tu pourrais un jour, éventuellement, dédiés à un autre que moi, non, cela me paraît certainement trop improbable, trop impossible. Alors ce qui m’effraie véritablement c’est la chair qui se donne gratuitement, ou pour les délices de plaisirs fugaces, les libidos endiablées par les pulsions. J’ai l’horreur et la souffrance de cet imaginaire là, celui où tu me diras, où je saurai que d’autres doigts se sont perdus sur ton corps tendu.

Et pourtant, à t’aimer si fort, j’attends, sans le moindre doute, un bonheur pour toi, une nouvelle envergure, d’autres alternatives, que je ne sois plus, et qu’une exclusivité me destitue à jamais. Oui, je le souhaite comme j’en ai peur, mais t’aimer c’est aussi vouloir le mieux, non pas pour un « nous » hypothétique », mais pour un « toi » épanoui. Drôle et difficile paradoxe que celui du bien que l’on souhaite à l’être essentiel quand pourtant ce bien là pourrait nous achever à jamais.

J’aurai peut-être préféré ne pas connaître ta vie d’avant moi, ceux qui ont pu la traverser, les évènements, mêmes anodins qui ont pu la jalonner, car chaque jour, je pense aux lieux virtuels où je mourrai de te retrouver, je crains des villes, Bordeaux, j’ai peur de prénoms, F. ou P….

J’écris, dans ce train qui me conduit encore une fois où je ne suis pas chez moi. J’écris, j’avais décidé de tout dire. Mais tout, c’est nous, et forcément résiste de l’impalpable et de l’indiscutable de tout cela. Me lis-tu et comment me lis-tu ? J’aimerai recevoir ton visage, tes réactions lorsque j’exprime tout cela, puisque je sais si mal le faire de vive voix.

A cette époque là où nous nous sommes justement rencontrés, et que nous nous engagions dans ce qui deviendra une belle affection, pour ne pas dire amitié, tu savais de moi mon impulsivité, mais aussi, et tu m’enviais alors, mes facultés à prêter, pire, à offrir, à l’amour, tout, jusqu’à la moindre miette. Ainsi, tu vivais mes confidences sur cet amour qui s’envolait à l’autre bout du monde, tu restais « admiratif » de mes décisions, et tu l’as dit, tu m’enviais.

Ce sont ces écrans virtuels, nos conversations ou nos écrits dans l’ombre de l’un et de l’autre qui ont peu à peu fortifié une attirance. Tu vivais seul, tu prétendais aimer le charme de la solitude de l’indépendance qui ne te privait pas de plaisirs soudains, mais l’amour selon toi, oui, l’amour ne serait plus jamais qu’une « cerise sur le gâteau ». Et puis, tu es venu jusqu’à moi, concrétisant, affirmant d’autant plus mon attirance. Je rencontrais non seulement un homme charmant, mais, et je l’ai perçu dès le départ, un homme qui, intellectuellement, m’embarquait dans les travers de sa personnalité.

La folie amoureuse que j’avais eue pour cet homme là, je la vivais désormais pour toi, immédiate et spontanée. Alors, on pourra bien dire que tous ces termes employés ne se résument qu’au mot « passion », certes, mais, très tôt, tu m’as interdit les élans de trop, les élans floués ou désordonnés, tu m’as appris une discipline amoureuse, un respect, une certaine lenteur à la découverte. Et « lenteur » n’est pas le terme exact, il faudrait dire que tu n’auras jamais voulu bousculé le temps. Cela ne s’est pas fait sans mal. J’ai reculé deux fois, partant lâchement, te quittant alors même que rien n’était réellement construit, le premier mois et deux ruptures, tu ne les oublieras jamais, pourtant quand je les revisite dans ma mémoire, il ne s’agissait que de peur, que d’un changement brutal entre une vie et une autre, lui et toi, les opposés parfaits. Je n’arrive qu’à me reprocher la lâcheté des ces actes, mais pas leur « valeur », les hésitations et les craintes furent, de mon point de vue logiques, elles ont assuré mes sentiments, les ont rendus plus affirmatifs.

Et je suis revenu, un jour comme un autre, tu m’as enlacé, si fort, si passionnément, tu ne voulais pas me perdre, tu acceptais les mille pardons que je t’avais déclamés, et nous nous engagions dans une vie de couple assumée.

Sept mois, c’est environ le temps qu’il m’aura fallu pour m’adapter à cette nouvelle vie, à t’adopter, comprendre uns à uns tous ces codes de toi, ces habitudes à ne pas défaire, la place à trouver. J’ai manqué de tendresse, tu étais foncièrement indépendant, libre. J’ai adopté des comportements, du plus ridicule au plus sincère, pour atteindre le plus profond en toi, et lentement, je parvenais à trouver un nid que tu m’avais préparé, un nid qu’il fallait néanmoins consolider à deux.

Et puis, la santé, le travail, l’argent, la vie quoi, les considérations qui gesticulent autour de l’amour, le malmènent ou l’empestent d’humeurs souvent inadaptées. Il y eut un évènement dont nous n’avons pas mesuré l’ampleur. Un triste sort qui, toi, te faisait réaliser ma souffrance physique, et qui, moi, me terrorisait devant ta distance et ton manque d’émotions. Quand je suis sorti de l’hôpital, quasi nu ce jour là, puisqu’évidemment il s’agit de santé, j’ai compris que tu étais excédé, que tu ne comprenais pas ma douleur, et que, peut-être tu le comprendrais, et donc ne la soutiendrais jamais. Alors oui, j’ai dit des mots horribles, j’ai vociféré toute cette peine qui déchirait ce dimanche de malheur. Je ne me reproche rien mon amour, il ne s’agissait pas de rupture, il ne s’agissait encore moins de haine, mais juste de désespoir, et cela tu aurais pu l’entendre.

J’ai vécu les jours suivants dans cette tristesse latente, réaliser que tu ne serais pas là pour moi devant la maladie m’a condamné, presque anéanti, toi, oui toi qui chaque jour durant connait le mal, la dégradation du corps, les méfaits de la maladie. C’était justement là notre incompréhension, tu avais agit avec la distance peut-être trop retenue du « professionnel », et j’attendais l’appui d’un amour. Il fallut un certain temps pour le comprendre, deux mois, les deux derniers mois de notre vie en commun.

J’avais engagé des actes pour partir, te quitter, si choqué que j’étais par cet épisode là, et je suis me suis engouffré dans un système hiérarchique et bureaucratique, celui de ma profession, qui bientôt allait me séparer de toi, malgré mes recours, mon acharnement à dire « non, je me suis trompé, effacez ma demande, laissez moi avec lui ».

Car deux mois justement ont passé, deux mois où, dans ce nouvel appartement, j’avais une place, tellement de place, j’acceptais maintenant ton besoin au silence, je le respectais, et même si je commettais encore quelques erreurs, je peux dire que ces deux mois ont fabriqué notre amour plus que les 7 précédents. Notre saint-Valentin, nos petits projets de rien, nos deux pépères, et notre animalerie… Nos corps qui s’épousaient de mieux en mieux, tu le sais, tu es, tu auras été mon meilleur amant. Et nos rires, tes façons de plus en plus venir à moi, pour m’enlacer, me toucher et juste me regarder d’un « je t’aime ». Deux mois, où cette vie prenait la forme que j’avais tant attendue, deux mois où tout se brisait derrière nous sans que je ne puisse rien faire contre cela.

Tu n’as jamais su que le jour où l’on m’a appris ma mutation, où l’on m’a dit « ça y est, tu pars, tu dois partir », j’ai passé la journée à l’hôpital et non au travail. J’ai hurlé d’abord, pleuré tellement, et mon corps a vacillé une fois de plus, sous les spasmes, les convulsions de la rage. Dans une semaine, je devais partir, déguerpir, t’annoncer tout cela, et te quitter, oui, te quitter vraiment.

Il ne s’agit pas d’impulsivité comme tu le résumeras par la suite, juste d’incompréhension, de manque de dialogues, juste de ma faute, de mes fautes répétées, et je vis avec la culpabilité du moi sans toi depuis ce samedi là où, je voyais s’éloigner ton appartement, notre appartement, à jamais. Et pourtant, je ne savais pas encore que le mot « jamais » serait le plus adéquat,  j’ai entendu que tu n’acceptais pas cette fatalité là, tu as entendu que je partais pour toujours, nous avons entendu ce que nous voulions alors, si salis l’un et l’autre par l’amertume d’une rupture insensée.

Alors voilà, les jours passent, un mois maintenant, et lorsque je te demande si tout est vraiment, définitivement fini, tu réponds que tu « penses » que oui. Je devrais alors abandonner le combat, mais il n’existe pas de laveries automatiques pour les cœurs enracinés et peints à la couleur d’un seul et unique amour. Je n’ai pas voulu, je ne le souhaite toujours pas, me nettoyer de toi.

Quoi faire alors ? L’argent vient maquiller ma volonté, le travail m’emprisonne, et j’en reviens à ce cœur qui raisonne et cette raison qui éprouve, lequel choisir… Démissionner pour toi, te revenir, je suis le seul à pouvoir engager cette rupture d’avec moi-même, mais sans certitudes de ta part, sans un minimum de détails qui confirmerait tes propres envies à me vouloir à nouveau dans ta vie.

Je réfléchis, je suis calme. Partir et tout quitter encore, pour toi, nous savons bien que j’en suis capable. Et je ne souhaite plus, non vraiment plus, me dire que parce que je suis atteint d’un mal qui, un jour dégénèrera, alors je dois forcément, là de suite, rester ancré dans une vie sociale sécurisée. C’est l’instant, le jour que je dois vivre, pas demain et ses perspectives hypothétiques. Il ne s’agit donc plus de ces considérations là. Mais ai-je le droit de le faire, de démissionner, de m’engager dans un futur immédiat plus qu’incertain, traînant par ailleurs un passé qui, d’un pur point de vue matériel gâche le quotidien, ai-je le droit de t’imposer cela. Je ne serai rien, et si je n’ai pas pris cette décision de rester, tu vois, c’est pour ne pas t’imposer cette image de moi, du rien. Je ne veux pas que tu m’entretiennes, on l’a déjà fait pour moi et je n’ai que peu aimé ces hommes qui se sont dévoués avec une certaine hypocrisie.

Je ne t’ai pas quitté. Je reste convaincu que la porte est ouverte, alors que tu prétends, toujours timidement l’avoir close. Mais que dois-je faire ? Le temps, laisser le temps ? Gagnerons-nous en confiance ou justement celle-ci nous perdra-t-elle. Tu as dit que l’on ne quittait pas les gens qu’on aime, je t’ai répondu, on se bat pour retenir les gens que l’on aime. Mais il ne s’agit pas là de combat, ou de guerre. Nous nous sommes alités sur un lit doux et honnête, non, il n’est pas de guerre à mener, juste de volontés partagées.

Je peux, que ce soit avec cet idiot de coq, ou cet autre de trente ans mon aîné, je peux me rétablir matériellement, je me moque de donner mon corps, j’ai la force nécessaire pour être absent de leurs vies dans l’objectif de celle avec toi que je pourrais sauver. Je ne peux pas te demander cette vie avec toi où, sans travail, ni ressources, je perdrais sûrement la sensation d’être ton « égal ». Un autre peut-il donc le faire pour toi, pour nous, et l’accepteras-tu ?

C’est le choix que je dois faire. Je n’ai que 9 jours, 9 jours pour rassembler les fonds nécessaires et décider de ma prochaine destination. Aide-moi. Je t’en prie, aide-moi.

Dis-moi, pour une fois, dis-moi.

 

 

Par David - Publié dans : L'ego aime
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Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /2008 11:23

Généralement, enfin je veux dire « dans l’absolu », lorsque l’on prend la décision de quitter son partenaire, on se donne, quels que soient les motifs qui ont engendré cette séparation, un délai que je qualifierai de « respectable » pour se dire : « bon, ça y est, je suis prêt, je peux passer à l’étape suivante et avancer… »…

Evidemment, la notion est toute autre lorsque l’on se retrouve soi-même quitté, et bien mal à l’aise à définir combien de temps et surtout ses propres aptitudes qu’il faudra pour s’en sortir !

J’ai quitté un homme. Le sale détail est que je l’aimais, ce qui en revient à dire que je l’aime toujours. Pourquoi donc me dira-t-on, l’histoire serait bien trop longue. Et je me retrouve ainsi dans une situation paradoxale où je pourrai presque me sentir l’homme blessé et abandonné, alors qu’il n’en est rien. Et puis, si je dois être honnête, je dois avouer que je n’en suis pas à mon premier essai, dans le style « je t’aime mais je te quitte »… Et si je disais qu’ici, la situation est toute différente, qui me croirait vraiment ? Enfin bref, c’est pourtant la pénible réalité.

Deux semaines, voilà plus de deux semaines maintenant, et, rien. Le grand vide, la tristesse qui ne se distingue pas en torrent de larmes, mais plus égoïste, plus lancinante, avec sa lourdeur quotidienne et son lot de dénis cumulés, sa série de jérémiades plaintives et abjectes… Deux semaines, c’est assez pour se consolider dans ses remords, qui de toutes façons étaient présents au moment même où je prononçais les mots fatidiques : « je vais te quitter », qui d’ailleurs ne se sont pas exprimés ainsi mais d’avantage comme : « je suis obligé de te quitter », sorte de dénégation égocentrique, assez déplorable j’en conviens, mais quel autre choix avais-je ?

Deux semaines, et des évènements qui viennent salir un peu plus, mieux, ce qui déjà prenait toutes les allures d’une douleur criante. Le chien, seul compagnon véritable et fidèle, qui semble, de par sa léthargie et son manque d’entrain, subir de plein fouet les conséquences de mes actes. Mon corps qui résiste à tout, ou plutôt qui ne s’implique à rien. Plus de goût, plus de faim, plus de joie spontanée, plus de symbolique, plus de regard éveillé devant une couleur ou un lieu qui autrefois m’aurait enchanté, plus rien… Et pas de désarroi particulier, une auto-satisfaction, je croyais, à se laisser vivre, sorte de fatalité tordue, l’attentisme sans considérations. Deux semaines, et voilà que j’en entame une suivante qui semble ne pas se dépareiller de ses précédentes. Deux semaines, et l’impossibilité catégorique de s’abstraire de l’autrefois que l’on considère toujours comme un présent, le refus de voir ou de simplement constater que le canapé, le lit, sont vides. Deux semaines sans regards ni mots, pas de questions, même basiques, ni remarques sur le choix du dîner ce soir, les difficultés rencontrées aujourd’hui au travail, deux semaines d’un grand silence, car tout autre homme ou femme qui me parlerait serait de toutes les manières « silence ».

De son côté, je ne sais rien, pour la première fois, et je ne me reconnais pas vraiment, je ne tente pas de savoir. Je devine, je soupçonne, mais j’ai confiance. En quoi, me direz-vous ? Je ne sais pas, en un lien subsistant je suppose, en une toile encore « accrochée » à nos rives respectives. Parfois, il me prend l’envie d’une pensée à exprimer, ou alors, je peux être dominé par la pulsion d’une déclaration timide, mais rien, rien qui ne vaille la peine ou l’attention d’être considéré comme de l’acharnement ou de l’affection imposée.

Deux semaines, et le nombre de jours qui me gifle est infecte. Ils sont longs, si longs, dès que je me mets à penser à lui, puis, peuvent être de la plus grande brièveté dès que je me raccroche à mes seuls repères encore vivaces : mes tâches professionnelles.

Alors, j’en suis revenu à cette époque pas si lointaine où quitter un homme impliquait irrémédiablement l’arrêt total de toute alimentation, une frénésie malsaine car malvenue dans le travail et une sorte d’aveuglement face au monde alentour, ses danses ou éclairs fracassants.

Lorsque je me penche, comme ici, sur cette question, je me dis qu’alors, pour me comporter ainsi, je dois forcément me raccrocher à l’espoir… Ah l’espoir !!! Et bien non, même pas… S’il est un individu dont je sais la parole cinglante, dure et définitive, c’est bien celle de l’homme que je viens de quitter… Alors évidemment, on pourrait se galvaniser d’une vanité à vouloir briser la carapace justement de cet être là qui est hermétique, et ce pour toujours, à vous, mais non, je n’ai même pas cet orgueil, moi qui en ai tant à disposition et souvent mal placé…

Je sais qu’il m’aime. Là est mon plus dégueulasse tourment, ma plus vile sensation. J’ai quitté ce mec persuadé qu’il ne m’aimait pas, et voilà que, les jours précédents la rupture officielle et ceux maintenant m’en éloignant, me démontrent le contraire absolu, l’impression catégorique. Oui, il ne dit rien, ne fait rien, absolument rien, mais je sais qu’il m’aime. Allez donc savoir pourquoi, quand je fais le compte de nos contacts quotidiens, résumés à quelques textos sans réelle consistance que le doux plaisir d’avoir un « contact » même minime, rien ne peut me permettre, aujourd’hui plus qu’hier, de cultiver cette presque certitude…

Je n’éprouve pas d’envie, ni jalousie, je n’éprouve pas de détresse réelle, je n’ai pas d’idées sombres, pas qui soient alarmantes du moins, et je parviens même, quel exploit !, à refreiner toute tentation à l’appeler, lui parler ou le contacter. Je sais où il se trouve, me fait une idée de la vie qu’il mène et voilà, j’en reste à cette idée d’intégrité qui le représentait bien. Même si de là, je ne sous entends évidemment pas qu’il me doive quoi que ce soit, si de « fidélité » nous pouvons encore parler.

J’avoue craindre le jour où il me dira « il y a quelqu’un d’autre », quelqu’un d’une nuit, un mois ou plus, je crains cela, mais le lui souhaite. J’ai connu un garçon pour qui je ne fus qu’une cerise sur le gâteau, mais je trouverai si dommage que le gâteau ne soit plus qu’auréolée d’une fade chantilly.

Alors je ne cours pas, je ne crains rien, je pleure encore, souvent, mais les larmes ne font plus vraiment mal. Perdu ? Oui, ce n’est pas moi de ne pas me battre, pas moi de ne rien tenter, pas moi de laisser les choses se désintégrer, le temps s’occuper de mes propres affaires… Je pourrai prendre des décisions, je pourrai inverser la vapeur, oui… Mais je ne suis plus seul, maintenant qu’il n’est plus avec moi, je ne suis plus seul sans lui, c’est curieux ce paradoxe.

Jusqu’à ce jour, j’ai voulu croire que la solitude, qui ne m’est réellement pas familière, serait peut-être un « bien », en tout cas une opportunité. Certes, il y a les genoux qui se frôlent la nuit durant un sommeil partagé, les petites habitudes du couple qui gère son quotidien, les désaccords qui finissent en bisous, les seuls « bonjour » ou « au revoir, à tout à l’heure ». Je pensais pouvoir me passer de tout cela, sans trop de dégâts, c’est d’ailleurs ce que j’ai voulu de suite instaurer de ma perception de ce changement de vie. Et puis, hier, les urgences de l’hôpital et là, tout a ressurgit de façon si criante et brutale.

Finalement, qui prévenir, qui appeler pour chercher épaule ou compagnie, où rentrer et se dire que l’on me demandera de mes nouvelles, que l’on aura une attention, un œil sur ma faiblesse soudaine… Personne.

Je ne veux pas vieillir seul, combattre cette maladie et toutes les autres, seul. Alors, oui, j’ai cessé de prendre mes traitements. Non pas en réaction ou « par opposition », mais simplement pour comprendre, dire « tout cela ne sert à rien seul ». Et, si le médecin n’est pas d’accord évidemment, il ne juge pas. Je ne suis pas en péril, je suis adulte, j’assumerai. Je ne veux pas vieillir seul, avec un chien pour seule compagnie, m’éloigner de l’envie, des rencontres. Le sexe ne me dégoute pas ni ne m’effraie, je n’y pense tout simplement pas, je n’ai qu’envie d’une main sur la joue, d’une tendresse quelqu’une, pas tout à fait ordinaire.

Oui, deux semaines ne suffisent probablement pas, mais combien de temps encore, et jusque quoi, vers quoi…

Je vais certainement revoir cet homme une fois encore, l’échéance est programmée, et je sais, allons savoir pourquoi, que je ne le reverrai probablement plus jamais.

Je n’écris pas pour lui. J’ai envie de dire, je ne veux plus pleurer, même si l’un n’empêche pas l’autre, mais là, un instant suspendu, ce fut nécessaire. 

Par David - Publié dans : L'ego aime
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Samedi 19 avril 2008 6 19 /04 /2008 18:40
Petit rat, petit pisseur, petit coquin, petit filou, oui, mais mon bébé à moi aussi...
Ce n'est pas parce que les papas sont cons que les enfants doivent être oubliés !
J't'oublie pas mon petit loulou....
Ton ti'namoureux Cyclo te fait la grosse léchouille pour ta première année...
Joyeux anniversaire mon COPS !!!

Par David - Publié dans : L'ego aime
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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /2008 21:47
Monsieur,

Si j'ai si souvent cru ne pas connaître, ce ne fut que pour m'en remettre à l'évidence que je savais l'essentiel de vous. Et de cela, je n'ai pas su faire prospérer nos idéaux sur la même terre. Mais étions-nous artisans à fabriquer ou semer, ou simples passants, joyeux du simple contentement à se retrouver l'un avec l'autre, je ne le saurai jamais.
Monsieur, j'ai souvent dit que je ne vous connaissais pas, vous qualifiant même de taciturne à l'habitacle carapacé, et je m'en excuse évidemment. Vous étiez celui que j'avais reconnu, élu et voulu, si mes doutes devaient alors trouver fondements, ils ne pouvaient l'être que de moi-même.
Vos silences que je trouvais si longs, vos silences me pèsent par leur absence criante. Je découvre ce qu'est vraiment le silence.
Votre pudeur que je peinais à envisager sincère, m'est aujourd'hui si excentrique qu'elle pèse au vide qui encercle les jours sans vous.
Vous, tout ce que vous étiez et serez encore longtemps, je crois, vous me manquez Monsieur. Mais le manque est une dérobade de l'ego qui s'admire dans les miroirs de l'impatience, le manque est un créneau "par défaut", le manque est une utilité quand les fins en soi ont perdu toutes objectivité.
Alors, ainsi que je vous l'écris là, je sais que la déchirure, maquillée de manque et de solitude, falcifient forcément la vérité, ma vérité.
Peu à peu, je m'en vais, moi, le résistant, le combattant même. Moi, enfant agrippé au tronc de son chêne, pendu au cou d'une sorte d'idôle, franc tireur du harcèlement pleurnichard, moi, tout ce que je fus avant vous, moi est mort dans votre sillage, là où nous vécûmes et célébrions cette façon là de s'aimer, si particulière, si nouvelle, et probablement, si pourtant commune à tout homme qui aurait suffisament grandit.
Je ne vous harcèle pas, peu, plus. Je ne m'imisse pas, même si je garde en tête les turpitudes et les questions sur votre présent sans moi. Et je rêve, de votre silhouette fragile, recroquevillée autour de votre petit compagnon, celui-là qui prend assurément aujourd'hui place à l'oreiller où autrefois je posais ma tête pour vous entendre vous endormir.
Je rêve encore de vos soirées, calmes et précises, de vos petites manies, du quotidien et de la fatigue, de ces semaines de repos que nous ne partagerons pas. Je rêve aussi des choses plus lointaines telles ces attitudes que j'ai gardé de vous, un certain goût pour une discrétion nouvelle, et la témérité qui ne voudrait plus forcément s'exercer à l'idéal passionnel tout le temps.
J'ai inventé un avenir où nous nous retrouvions, loin, si loin, et nous nous aimions encore, rien n'avait vraiment changé. Nous serions deux hommes mûrs à se regarder en silence, et à briller chacun de nos pupilles noyées de tendresse. Les années nous auraient alors donnés la confiance et la certitude, un tempérence indestructible.
Alors, à voir aussi loin, je me dis que, probablement, vieillir avec vous serait mon unique regret.
Je n'aurai pas voulu mourir sans vous.
Comme vous me l'avez appris, ce "nous" répété est ue exigence, mais indissociable de la vie, des espaces et du temps. Alors, effectivement, là, tout autour, s'activent des vigeurs que je peine encore à poursuivre, des envies que je rechigne à partager, et de la candeur en laquelle, non vraiment, je ne me laisserai plus prendre.
J'essaye de mourir vous savez, oui vous le savez, mais je suis aussi mauvais au jeu de la vie qu'à celui de la mort, ne sont-ils pas identiques d'ailleurs... Vous me l'aviez dit, lors de l'épilogue si romantique et doux : oui, je suis le pire et le meilleur, oui, et je ne serai vous faire de promesse sur la voie choisie désormais et pour demain.
Mes ambitions sont moindres, ma condition certaine.
Sans vous, monsieur, il est une gravité que je veux payer cher, me résoudre et accepter. Mais non, Monsieur, ne me demandez pas la vie et le désir de vie. Cette affaire là a cimentée la demeure bancale sur laquelle j'ai construit des illusions de doutes. Vous étiez l'édifice final, étonnament réussi, j'étais la cerise sur le gâteau, rien que cela, mais une gourmandise, n'est-elle pas avant tout plaisante, plutôt qu'amère ?
Je sais, j'entevois notre prochaine rencontre, l'ultime je suppose, et je ne la crains pas. Nous croiserons nos regards, tout aura changé, et rien ne nous aura pourtant vraiment séparés.
Je sais que ce jour est peut-être le seul où j'attendrais encore de vous un mot, une décision ou un pas, mais je ne l'évoque même plus comme un espoir, j'ai gagné en forces, celles tant entendues de la fatalité. Vous partirez, je pleurerais, probablement pour l'une des dernières fois, et me resteront, la tendresse, les rêves et le paradoxe d'un amour unique, celui-là même duquel je me réjouis d'avoir toujours cru. Il n'en était qu'un, c'était vous, et tel une vie accidentée, le malheur l'a emporté dans une tombe où nous ne pourrons jamais même nous receuillir.
Je vous aime, Monsieur, à m'en déchirer, mais en ne détruisant que l'essentiel, ce que je suis, ai toujours voulu être, dans les yeux et pour les auttes.
Cette décision là, tout arrêter, se maintenir en survie, c'est une vérité partagée. Seul, elle n'est plus qu'une fadaise comique et cynique. Je n'en ai pas peur. Mon corps est à ce degré près la parole que je n'arrive plus à arracher de ma langue pour vous supplier. Et laisser ce corps en divagation, pour une issue que nous connaissons que trop bien, n'est pas un chantage, une supplique, c'est l'achèvement d'un inventaire. Et n'avoir rien à comptabiliser que vous, c'est avoir tout à perdre de moi.
Je vous aime Monsieur, même si je ne l'exprime plus, moins. Je vous aime mais étais encore en dessous de vous, avec ce besoin là, pathétique mais honnête, de me sentir vaincu et désiré.
N'en soyez pas oppportun, je ne vous reproche que la vie que vous ne voudriez plus rire sans moi, et je sais que vous saurez faire de petits riens des délices.
Je vous aime Monsieur. Et je ne vous ai jamais quitté, le savez-vous ? Oui, Monsieur, je vous offre cette rupture comme gage de vérité, vous êtes celui qui a rompu, et tout est bien ainsi.
Je vous aime Monsieur, à bientôt, l'avant de l'au revoir et l'avant hier de l'adieu.
Une larme encore suffira, là, ce soir, en m'endormant, quelques autres encore quand je ne saurai vaincre la virulance ou l'impulsivité. Mais bientôt, vite, telle est mon espérance, tout cessera de par mon absence acquise.
A vous ces mots Monsieur, pour vous dire que je n'étais rien sans vous, je suis loin de vous, mais que vous demeurez l'élégance et la raison de l'aveu (brouillon) public que voilà.
A mon amour
A vous.
David
Par David - Publié dans : L'ego aime
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