| Décembre 2009 | ||||||||||
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Finalement, tout va plutôt « vite », oui, lorsque l’on regarde avec ce recul là, lorsque l’on se dit : « sur toute une vie, qu’est ce que cela aura représenté ? »
Il y a un moment particulier, une pensée spontanée et tenace, un instant précis où, ça y est, l’on sait que tout est fini. C’est drôle, l’heure précédente pour ainsi dire, on était encore agglutiné à la mesquinerie de cette douleur insoutenable, et la voilà qui se fait la belle sans crier gare. Tant mieux se dira-t-on alors, oui, mais le besoin de comprendre est omniprésent, pourquoi avoir eu mal, pour s’être « naturellement » résigné sans que rien ni personne ne nous aide vraiment à cela, et de manière aussi subite…
Les beaux discours lancés depuis de trop longues heures s’envolent et ne signifient plus rien, on ne veut même pas se dire qu’ils avaient raison, elles, les phrases toutes faites, ou les conseils amicaux, de proverbes classiques en sérénades complaisantes… Non, leur donner un sens ne servirait à rien, tout est fini, même le besoin de savoir.
Je ne sais si j’ai perdu une bataille. Je ne me suis jamais senti en danger ou attaqué. Je ne sais si j’ai vaincu un adversaire, j’ai toujours eu à faire à une histoire vertueuse… Peut-être ne s’agissait-il que de résistance, de survie même, ne pas oublier, affronter l’abandon, la désunion. Et l’on ne résiste jamais, je crois, à ces heures, sans quelques « fausses notes » ou dégâts collatéraux…
Et pourtant, malgré ce déclic fatidique, raisonnant tel une issue improbable, on sait aussi que l’oubli n’existera pas, jamais. Probable même que ce que l’on nomme « déclic » n’est qu’un embryon de finalité supposée, encore une erreur sur l’échelle de ce que l’on désire ardemment et de ce qui se déroule sans que l’on ne le veuille réellement. Je ne sais pas tout cela, même si les histoires ne sont plus à refaire, que j’ai certainement vécu pareils passages dans le vide autrefois, je n’ai rien retenu, ou rien voulu retenir. Toutes les histoires devaient être différentes depuis le début, même si je n’inventerais rien. Ainsi, je me retrouve seul. Libre ? On peut le prétendre, mais le risque de se tromper est trop énorme pour le revendiquer. Et puis, la liberté n’existe qu’au sein de nos idéaux composés, le concept de liberté ne colle pas bien avec l’évidence d’une vie en société…
Ecrire ici en est le paradoxe douloureux. J’ai perdu, outre l’envie et les élans d’autrefois, la liberté de dire et d’être sincère. Epié ou manipulateur moi-même, tout ce qui a été transcrit ici ces dernières semaines, même si un fond d’honnêteté subsiste toujours, demeure vain et inutile, sans sens concret ou cohérent.
Je ne cesserai jamais d’écrire. Je ne cesserai jamais de dire et de m’élancer avec l’impulsivité qui me caractérise vers ces joutes verbales qui elles seules me conviennent dans la forme. C’est ainsi que je referme la page, définitivement, de l’exercice tenu depuis plus de deux ans maintenant. Pas de migration vers un autre espace, de décision sur laquelle je reviendrai deux jours plus tard ou d’alerte aux « retenez-moi, je pars », non, aussitôt, l’article édité, puisqu’on nomme ainsi nos billets d’humeur, aussitôt l’aventure prendra fin vraiment cette fois.
J’ai la certitude que ce moyen de contenter l’ego, de se délivrer d’une intimité que l’on a viscéralement besoin de mettre aux nues, j’ai la conviction que cela ne me quittera pas et que donc, autre chose, quoi je ne sais pas, existera. Mais cela ne pourra se faire tel qu’aujourd’hui, lu par des personnes auxquelles je suis d’une certaine manière enchaîner de mauvaises façons, lu par des individus qui ne m’autorisent peut-être plus une totale jouissance du mot craché ici. Je m’en vais en lâcheté, pour ne pas revenir nauséeux de remords ou de culpabilité. Quelques uns suivront, allez savoir, d’autres non. Il me faut en tout cas une latence, un fossé entre l’œil inquisiteur et moi.
Ai-je donc dit, via ce dernier paragraphe, que je ne l’aimais plus ? Certainement pas. Il ne m’aime plus, la certitude s’est enracinée brutalement mais honnêtement.
Ai-je aussi dit que je n’écrirai plus ? Non, mais la vanité toujours me fait croire qu’un nouvel horizon m’apportera bien d’avantage.
Je n’ai dit que l’instant fatidique où tout ce qui fut s’est dérobé dans un sursaut peut-être cruel, mais efficace, si tant est que le but était aussi radical.
Alors « voilà c’est fini », je n’aime pas la chanson, je n’aime pas le principe, et l’hypocrisie et criante tout de même.
Ailleurs, autrement, c’est demain, tout de suite, là, maintenant, et, comme qui dirait l’autre « c’est la vie », je rajouterai que c’est le hasard aussi, demain…
Chaque jour je voudrais être un assassin, non pas de ceux qui s'acharnent sur leur victime, mais plus odieux, quelques coups de canif et lacérer mon quotidien,
histoire de le rendre plus tragique, plus fantasque je veux dire. Chaque jour, je me dis que la douceur est une vacherie bien plus courtoise et cynique que la politesse bordel. C'est le mensonge
qui blesse en vérité et non pas tant ses pendants, ses attenants. J'aurais voulu que la victime potentielle ne soit que, autant, que ma vie, ça suffit de le dire, ça ne sert à rien de le
penser.
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