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L'ego pleure

Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /2008 18:15

Des amants, cet amour, mon aimant, et je ne sais plus, non, de ce qu'il est, de ce qu'il advient, de moi, de nous. A sans cesse se figurer persuadé, en tout cas, convaincu, on ne récolte que la peine mal semée, celle qui s'est répandue là dans les ruisseaux assechés des joies qui ne savent plus pleurer, tant elles sont ternes sans ardeur.
J'ai le malaise du trentenaire qui ne s'est pas reconnu un jour devant le miroir, un jour trop tard où, dire que je n'avais pourtant pas le temps, le temps est venu s'engager dans ma conscience. J'ai la rigolade de ces années là, qui ne furent pas de rire justement, et des autres demain, qui seront ce qu'elles voudront, pourvu qu'elles tendent à l'idéal, même s'il n'existe pas, évidemment.
Est-il possible que l'ex-Amour (notons le "A" majuscule", note d'un recul insuffisant ou d'une certitude glorieuse !?), potentiellement devenu l'Ami idéal (grand "A" toujours pour marquer la symbolique) devienne l'amant (petit "a", le sexe n'est que le sexe...), le confident, que sais-je encore...
Je déconne et j'en étonne, oui me direz-vous, de ceux qui ont assisté à la vie qui part à l'eau, qui se noie, mais pas vraiment, enfin, l'on ne retient toujours que les naufrages, mort ou pas mort.
Mais restent les fidèles, quelques graines bien semées au sol de mes elucubrations, pérégrinations, j'en passe et des meilleurs, ceux-là qui me connaissent et m'aimeront, je le suppose, toujours ainsi. Des par ci par là, à travers un hexagone que je ne traverse plus, mais l'héexagone, et les autres formes n'existent plus pour nous distancier, ils sont là, je le sais, cela suffit. Même s'ils ne font pas le récomfort quotidien, la tendresse j'entend, ils savent l'écoute et l'occasion de dire leurs présences. C'est peu, et tant, ça ne suffit pas tout le temps, évidemment, mais allons bon, un naufrage et quelques survivants, ça ne fait pas d'eux et moi des déshérités de ces contrées là.
Et puis l'amour, vaille que l'amour, un bien bel endroit derrière le grand mur qui s'épaissit de jour en jour. On dirait que l'ouvrier d'écoeurement cimente et cimente encore chaque faille, chaque horizon d'air libre, on dirait que je n'ai plus la taille, que la palissade opaque dépasse de loin mon mètre 70 de certitudes ou de volonté.
L'homme est aspirant, à tout souvent, et soupirant, de rien plus globalement. L'ego qui fulmine, il sent sa raison s'entourlouper en passion pour des causes qui ne contenteront que sa sympathie de lui-même. Un homme, ça ne regarde souvent que les miroirs d'où ne se reflètent que sa propre image, et tant pis si devant lui se trouve l'exception ou l'opposé. J'aurai bien pu me reconnaître dans mon contraire, remarquez, oui, mais je n'ai pas su.
Trop de similitudes, pour marquer tant de différences, et voilà que les époques de voluptés ont cédé elles-mêmes à la facilité permissieuse de solitude. L'amour charnel ? A quoi bon, la veuve s'agite au manche et d'une petite mort n'éjacule même plus de plaisir véritable, rien qu'une toute petite délivrance et de l'hygiène quasi alimentaire. Alors, manquant d'apetit réel, je me suis mis à la diète, comme on se sécurise au portail de l'invaincu solidarité du pauvre.
Est-il possible que l'ex-amour (tenez, plus de grand "A"), qui aurait pu devenir l'Ami, ne soit plus qu'amant de mièvrerie ? Parodier l'amour, simuler le couple, oh oui, voilà ce dont je suis devenu capable. Mais la parodie tourne au pastiche. Sans "accroche-corps", à quoi bon... Certes il est devenu gentil, plus patient, certes il a compris, encore que, que je ne suis ni objet ni trophée, mais j'aurai tant voulu lui enseigner, à lui le pédagogue, que l'on ne s'appartient pas, jamais... Alors je vis en couple, refusant le même lit, les frôlements, les gestes tendres du quotidien, je refuse le corps qui se tend pour un partage commun, d'ailleurs n'est-ce pas le corps seul qui régit là ce refus ? Il ne me fera pas l'amour, il ne me touchera pas, et le temps passant, mon amour agonisant, lui-même ne saura pas, non, me faire retrouver rien qu'une braise encore rouge. Et si je m'allonge là, comprendra-t-il, puisqu'il lit ces maux, que je ne le ferai qu'en silence et qu'il viendra visiter une demeure où le décor n'est pas dressé pour sa venue. S'allonger en silence et ne rien sentir, ne rien vouloir ressentir, simplement se taire et attendre que les "à coups" de petites mortalités viennent vous prolonger ce dégoût de vous-mêmes.
Oui, j'avais besoin d'un toit, d'une aide, d'un ami probablement, et voilà, je n'ai que cela, et demain qui se contrarie sous l'épaisseur de mes recalcitrances.
Et maintenant même que je me suis trompé, des amours au travail, du quotidien aux ambitions minimalistes; maintenant que je fais le tour de tout et que de tout je n'ai plus d'objectifs valables, certes l'interdit n'est plus, certes le champ des possibles a fleuri, mais non, je ne suis pas plus armé, en habit d'offensive.
Je veux bien être proie ou appât mais ai-je bien compris que ma trentaine de vie m'avait dépassé et que les hommes qui passent (maman...) n'ont plus rien dans leur regard, plus de ces jolies choses qu'ils disaient autrefois. Je les ai sans doute rejoint, et je n'ai pas vu que j'avais avancé vers eux, que je m'étais intégré à la "caste" de bien beaux qui ne l'ont jamais été pourtant, mais qui le croient encore.
Si l'on m'interpelle encore, ce ne serait que pour rejouer le scénario d'un séance de cinéma où, cet étranger et moi, ne verrons pas le film de la toile blanche. Une blague de mercenaires qui se rencontrent sans cesse les jours mêmes où ils se quittent aussi.
IL me manque, mais je ne dis plus. Se taire, c'est un infini, tout est vaste, sans considérations, on ne s'accorde plus qu'à s'occuper, de riens, mais les néants ont des facultés d'errance pourtant.
IL est un grand "A", le prologue d'un alphabet dont je ne sais pas déjouer les tours, que je ne connais pas par coeur, puisque le coeur n'épelle pas, il nomme, chaloupe à la lettre choisie, à une syllabe près...
Mais l'on se sent au final bien seul quand même, grand Diable... Le manque d'habitude sûrement, et trop de possibilités pour se perdre que de barrières pour se réfreiner. Si l'impulsivité meurt de force, celle-là même qui vous a causé déboires et misères, alors subsistent les envies, les oublis, eux là, mes ennemis m'entraînant à la fuite...

Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /2008 20:47

...

J'en crèverai si l'on ne m'en sauve pas...
J'en crèverai. J'me sens laid, moche, et si peu digne.
J'en crèverai.
J'veux pas.
Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /2008 18:16
Bientôt un mois de bonne humeur, de douce hébétude, quasi enfantine, de la légèreté, une insouciance qui n'en est pas vraiment une mais qui en a tous les bénéfices, de l'indifférence pour ce qui m'aurait bien souvent autrefois atteint, bref, une sorte de bien-être, même superficiel, qui me laissait "flotter" au dessus du grand vide sidéral dont je n'avais toutefois pas perdu conscience.
Et puis voilà, en deux jours, deux jours seulement, voilà que le nuage s'évapore et que plus rien ne me retient en apesanteur, en deux jours le tapis de coton s'est volatilisé en me laissant à l'agonie d'une chute vertigineuse.
Et je tombe, et je tombe, deux jours que cela dure...
Une heure d'antenne radio consacrée à celui qui nous sert de président écoutée ce matin, était-ce bien raisonnable avant de partir travailler ?
Des finances que je tente tant bien que mal de redresser et, hop, nouveau coup fatal, genre la facture de trop qu'on avait bien oubliée mais qui elle savait que vous existiez toujours, et qui réapparaît soudain, et tous les projets qui s'envolent d'un coup...
Les trente et quelques poussières qui arrivent à grand pas et que l'on souhaitait passer en un lieu précis et que, faute d'argent justement, et par mauvaise fierté, on devine comme étant bien solitaires, trop solitaires.
Un avenir professionnel auquel l'on donne vraiment sur le coup toutes ses chances et qui semblent s'assombrir pour de vagues considérations incompréhensibles.
Des proches qui sont dans une merde noire, peut-être plus que vous, qui n'ont plus le coeur à vous donner de leur nouvelle et que l'on n'ose plus trop joindre non plus.
La perspective d'être encore plus pute que l'on se sentait déjà pute, passer du second degré au premier degré.
Le retour d'un prédateur et la sensation de se complaire comme la proie idéale.
La culpabilité d'avoir coupé tous les "ponts" avec le système médical, de ne plus respecter, ou alors selon les humeurs, les obligations en ce sens.
La merde des gens rencontrés chaque jour et que je prends en pleine gueule parce que je ne sais pas quoi faire d'autres que de m'imaginer que je peux leur en délester de quelques grammes. Et rentrer chez soi avec des histoires en tête qui ferait pâlir une Cosette moderne.
N'être nulle part, en tout cas pas chez soi et ressentir chaque jour un peu plus le manque, et d'attaches, et de repères.
La vie sans Monsieur évidemment, et les informations grapillées ça et là au lointain, son lointain, qui sont comme des balles tirées en plein coeur, sortes de lacérations bien sournoises sur l'oubli qui s'épouse à la jalousie et le manque.
Bref deux jours, rien que deux jours pour retrouver le climat d'antan, et s'en sortir bien maussade, non pas déprimé, juste inadequat et transparent.
Voilà, fatalité comme dirait qui....
Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Samedi 10 mai 2008 6 10 /05 /2008 16:26

J’ai certainement le cœur serré, oui, tu sais, je l’ai toujours eu plutôt émotif, le cœur, de bonnes ou mauvaises manières, d’ailleurs, mais qu’y pouvais-je, c’est ainsi qu’on me l’a forgé, le cœur. Je ne sais d’ailleurs si tout s’imbrique ou s’implique à notre brève et dernière conversation qui sur le coup, m’a bien plus malmené qu’à l’habitude, ou si j’en suis arrivé à un stade où des décisions que je n’assume pas vont être prises, il n’empêche que le cœur est serré.

Tu m’as demandé souvent s’il n’était pas chez moi, hormis une impulsivité latente, un certain goût pour l’autodestruction. Probablement… Est-ce que je contrôle vraiment tout ? Pas vraiment… C’est ma version à moi de la fatalité, ne rien faire contre les condamnations que l’on perçoit bien avant qu’elles n’assènent leur coup final. Après tout, pourquoi laisser faire le hasard quand il vous prend par surprise, et pourquoi tenter de le vaincre lorsqu’i s’annonce assez précocement pour qu’on puisse l’éviter ?

Je t’ai expliqué, il y a encore très peu de jours, le peu d’intérêt que j’aurais à me battre, là, comme un couillon, seul, même si le chien est là. Pour qui, pourquoi, vers qui et vers quoi ? Ne trouves-tu pas que l’homme et son chien justement font figure de la solitude la plus implacable. Là, ils vont de lieux en lieux, d’hébergements de secours en solutions d’urgence, et puis, le chien, c’est peut-être bien tout ce qu’il me reste, mais pas sûr que je sois vraiment tout ce qui lui suffise.

Tu ne sais pas tout de l’enfance à Cosette, pas tout des épreuves à subir, combattre justement et pas tout des êtres chers déjà perdus en chemin. C’est vrai, neuf mois de vécu amoureux, ce n’était peut-être pas encore une « vraie » vie de couple, même si je voulais le croire, et m’y engager avec rage et convictions.

J’ai aimé une femme, profondément, elle m’a fait un enfant. Je n’avais que vingt ans, comment et elle, dix années de plus, comment pouvais-je lui dire que je serai le père de cet enfant là… je l’ai perdue, l’enfant n’est jamais venu au monde et il me fallut trois ans pour l’oublier. Puis ce fut ma vie homosexuelle qui s’affirma, d’aventures en aventures, des hommes pour le sexe et l’expérience, du sexe pour le plaisir et la jouissance, du sexe pour l’intérêt egocentrique et vénal, du sexe jamais par amour vraiment, rien qu’une adolescence en retard, à 25 ans, rien de plus normal.

Jusqu’à lui, dont tu sais à peu près tout, ma passion, mon amour, et cette soumission assumée, cette aliénation à ses désirs pervers ou malsains, certainement proches de ma véritable nature d’alors. Le sida, en fait, rien, un mot, une vague impression de danger désormais, mais rien, la séropositivité. Et 5 ans d’amour-tendresse avec un gentil garçon, qui me sauvera de tout, de la déchéance matérielle, physique, de la solitude et de cet instinct de survie dont j’ai toujours cruellement manqué. Mais la tendresse en place de l’amour ne suffit pas. Est arrivée une nouvelle aventure, mon premier amant séropositif, comme moi, un coup de foudre, une passion sans lendemain, mais une ouverture sur une nouvelle rage de vivre et de dévorer.

Jusqu’à l’homme d’avant toi, dépasser mes limites pour ce que l’on croit l’amour. Mais lorsque l’on déplace autant, lorsque l’on motive autant d’énergie et de fougue, alors force et de reconnaître que l’on ne se sort jamais vraiment des champs du rêve et de la passion. Ceux-là même qui ne conduisent pas forcément,  rarement même au véritable et durable amour. Pour lui, j’ai tout laissé, les amis qui n’ont pas compris, mis devant le fait accomplit, un travail où tout me réussissait, une vie stable, et peut-être même le début d’une réconciliation familiale.

Cela faisait désormais 6 ans que j’étais « malade » sans symptômes réels, et ces mois s’écroulèrent en poussière sous l’agonie d’un corps qui cumula d’un coup les maux en tout genre, et le plus grave probablement (encore que je ne l’ai toujours pas vraiment compris) : le sida en tant que sida, non plus un mot, « séropositivité » mais sida. Un an à me débattre de démonstrations infâmes et inexpliquées de mon corps vacillant, un an à souffrir la fin des rêves, plutôt à réaliser qu’ils n’étaient que rêves, ma première infidélité, avec le premier venu, celui qui ne me voyait pas « malade », ma première déraison devrai-je dire, la fin de deux années de folie, deux années dont je ne renie pourtant rien, si ce n’est l’issue pathétique.

Et puis toi, venu de nulle part, beaucoup de points communs, supposés du moins. Des discussions virtuelles, des intérêts partagés, et l’envie au bout du compte de se rencontrer, vraiment, le radis et la carotte comme ils se le disaient à l’époque. Un intérêt pour ta personne plus que confirmé, et comme j’ai coutume de le pratiquer, sans langue de bois, l’aveu de mes sentiments ambigus, assez solides en tout cas pour qu’ils ne demeurent pas silencieux ou muets. Tu ne l’as pas cru, tu t’es laissé séduire, puis embarqué, et voilà, l’histoire débutait, je quittais à nouveau tout, amis, nouvel environnement social et surtout, sécurité matérielle. Qu’importe, tu étais le seul, je ne voyais dès lors que toi.

Je savais que l’histoire ne serait pas aisée, que la carapace à fendre ne serait pas chose facile, mais il n’était pas là de passion, tu me l’interdisais dès le départ (première rupture), il ne fallait aucune hésitation (seconde rupture) et surtout, il faudrait être patient, rigoureux, vivant et adulte. La vie quoi ! Peut-être ma première expérience de vie commune finalement. J’entends par là, le quotidien immédiat et engagé de façon assez réussi me semble-t-il. Il n’y eu guère que la santé qui venait contrarier nos journées tranquilles, et mon indocilité financière, cette sorte d’immaturité encore qu’il me faudrait peu à peu acquérir. Je ne m’en suis pas laissé le temps.

Tu m’en voudras sûrement mais je ne sais de l’un ou de l’autre qui a réellement quitté l’autre. Est-ce moi qui, lors d’un évènement tragique et brutal ai réagit sous le coup d’une pulsion qui nous conduirait au chaos deux mois plus tard, ou est-ce toi qui ne t’es pas le moins du monde battu pour me retenir, pire, qui m’a laissé partir en me laissant croire que le temps pourrait peut-être nous sauver, alors même que le soir même tu retirais ces mots là et m’ôtais tout espoir.

Voilà, je voulais écrire sur un tout autre sujet et je viens de résumer encore une fois cette histoire, ma version de l’histoire…

Vivre, mon amour, j’en suis apte, je l’ai prouvé, j’ai perdu la seule femme que j’aimais, j’ai vaincu bien plus que tu ne l’imagines et je vis encore avec des démons dont tu ne supposes même pas la dureté et l’horreur. Vivre, malade ou non, que m’importe. Vivre, salarié ou chômeur, que m’importe. Vivre, seul, pour rien ni personne, alors non, cela, oui cela m’importe trop. Tous les combats sont possibles, toutes les chances et opportunités sont imaginables, tant que l’on vit pour un regard, un autre, des autres. L’un qui vous aime, les autres qui vous soutiennent, vous écoutent et sont là, oui, les regards, les présences, je ne me nourris que de cela. Et sans ces derniers, alors tout ne se nomme que survie, combat de trop, et je ne suis pas animal, je ne suis pas instinctif, je ne sais pas faire. La jungle m’effraie.

Alors, je ne suis pas autodestructeur, je ne suis pas suicidaire, admets qu’il ya longtemps que cela serait fait sinon !, mais, vivre, être vivant, battant, pour toi et tous ceux qui ne sont plus là, on est dans une énième utopie que je n’ai pas envie de bâtir. Tu m’as fait grandir, quoique tu penses, je ne crois plus en l’impensable, irréalisable. Je me moque un peu de tout cela, franchement peu m’importe. Chaque jour de plus et un jour évidemment sans toi, mais aussi un jour où tu pimentes de phrases souvent innocentes, je veux bien le croire, ton indifférence à mon égard. Le pire à me donner en fait ! Mais je ne t’en ferai nul reproche, l’amitié n’est-elle pas trop précoce, pire, une utopie peut-être…

Je passe alternativement des phases de profonde tristesse, crises de larmes ou de nerfs et j’en passe, à des phases de lassitude et de fatalité quasi léthargiques. Je ne comprends plus vraiment bien cet état là. Tu me sembles une « cible » bien trop hermétique pour moi, et je crois que de toute ma vie, c’est l’unique fois où je baisse lentement les bras, avec comme horrible sensation ajoutée, l’idée que tu vas disparaître de mes alentours, comment je ne le sais pas, mais voilà, et hop les pleurs, j’ai si peur d’oublier un jour ton visage…

L’oubli, c’est peut-être la pire des ruptures. L’oubli, c’est sûrement une mort dont on ne dit jamais le nom et qui gangrène les lendemains des amants qui n’y croient plus. L’oubli.

Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Samedi 10 mai 2008 6 10 /05 /2008 10:55

Je ne sais pas, est-ce un abandon total des armes, une façon plus ou moins tacite de ne plus considérer le « combat », même si rappelons que l’amour n’en est pas un, mais voilà, rien n’est plus vraiment à l’identique. Lassitude ou simple évidence de qui ne veut plus souffrir, car ce n’est que cela, de la souffrance, malgré la force, la volonté et la vigueur. On ne force pas l’autre à vous aimer, non, on ne le force pas, l’amour est là ou ne l’est pas.

Mais, si l’amour n’est déjà plus là, moins d’un mois après mon départ, alors, je ne peux que réaliser qu’il ne fut jamais entre lui et moi.

Je n’étais que la cerise sur le gâteau, et la question est : qu’était le gâteau ? Lui et sa vie solitaire avant moi, ou l’homme d’avant, jamais vraiment oublié ?

Je suis une boulette, un hypocondriaque, si je l’écoutais. Je suis immature, je suis impulsif, je suis égocentrique, je cultive une somme de défauts, et je tente par tous les moyens de me souvenir un compliment, je n’y parviens pas.

J’ai pleuré cette nuit. A plusieurs reprises. Que l’amour soit parti, déjà ?, si tôt ? « Comme l’on a envie de ranger le beurre et qu’on le met au frigo », « fini les tartines », les comparaisons ou métaphores ont blessé, durement, âprement, c’est mon orgueil qui parle bien sûr, mais l’incompréhension surtout et la remise en cause de plusieurs mois à s’être cru en amour. L’amour, le vrai, je suppose, ne s’évapore pas ainsi, d’un coup, sur la simple volonté de l’homme quitté qui souhaite s’en sortir et se protéger. Alors s’il ment, ou se cache la vérité, peut-être, mais il n’empêche que les mots sont amers et bien élus, objectivement utilisés pour atteindre, là, mes points sensibles, mes failles…

Vraiment, première grande tristesse, et première sensation de perte, de désaveu, de non-existence, non-considération.

Je conserve quelques convictions, il parviendra toutefois à les élimer peu à peu, il sait tout, a très bien discerné mes faiblesses, et ne fera qu’une bouchée de pain de moi. Pourquoi ? Je ne sais pas. Vengeance ? Je l’en croyais dépourvu. Rancœur ? Oui, mais pourquoi ne pas l’admettre…

Et, avec ces espoirs en moins, je me fous en l’air. Et sans espoirs, je me conduis mal.

Aucun reproche, même pas de la colère, juste de la tristesse, de n’avoir plus le même interlocuteur, plus l’être aimé d’il y a peu, et même pas l’ami d’avant tout cela, qu’est-il devenu, qu’a-t-il fait de moi… Pleurer.

Lui va bien, le revendique, la prochaine rencontre proposée est vaine, Vanessa Paradis à Nîmes également, je le suppose. Et j’attends, oui j’attends, le jour du silence, des sans nouvelles, de l’adieu qui ne dit pas mais qui y ressemble dans tous les contours du vide imposé. Incompréhension. Pleurer.

 

Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /2008 12:20
Ainsi, tu penses donc que je te crains, pire que tu es si "indispensable" dans mes parages que, forcément, un jour ou l'autre, très vite sembles-tu croire, je reviendrai ?
Ce n'est pas toi que je crains, toi que j'ai cru aimer, toi qui m'a fait vivre dans un rêve même lorsque je m'en débattais, toi qui a voulu que je culmine là-haut, sur des cîmes dont j'étais bien incapable de redescendre, toi qui a édulcoré, fait que la vie n'était pas la vie, mais uniquement une passion de tes seuls idéaux.
Oui, je crains tes offensives, mais à mon encontre, que pourrais-tu bien me faire, j'ai déjà bien perdu, avec, pendant et après toi, sans que tu n'en remarques aucune trace. Je crains tes menaces, de plus en plus concrètes, je crains tes mots, lorsque tu prononces son nom, et ce qu'il t'inspire. Je crains tout ce qui est au délà de toi et moi, et dont tu as fait un combat de trop, un acharnement qui finira mal.
Oui, probablement, je suis une pute. Le sexe par intérêt, le sexe par plaisir, ou le sexe par amour, oui, je suis apte à différencier toutes ces notions, et j'ai beaucoup d'estime pour moi-même, certes, mais, pour mon corps, non vraiment pas. Oui, il est vrai que j'ai retourné la question dans tous les sens, oui, je sais qu'à ces interrogations, tu serais les réponses, mais souviens-toi bien que tu n'es rien, que le provisoire que je peux nous inventer ne trouvera aucun ancrage dans une réalité faite d'un "nous" auquel" je n'adhère pas.
Je te demande de le laisser, lui.
Je te demande de ne te consacrer qu'à ton soit disant amour, moi semble-t-il. Je te demande de ne pas mêler à ta haine, un étranger qui n'a même jamais rien fait pour l'attiser.
Tu ne sais rien des 9 mois avec lui, et tu n'as même pas le droit de les comparer aux deux années avec toi. Tu ne sais rien, juste ce que ta jalousie te pousse à croire. Mais de quoi es-tu jaloux ? Ne vois-tu pas que l'histoire est terminée, que je suis là, immobile, prêt à rendre les armes. Ne vois-tu pas que je me moque bien que ce soit toi ou un autre, puisqu'aucune autre alternative ne m'est proposée ?
Alors justement, voilà, dis-toi bien que quoiqu'il arrive, tu ne seras et ne resteras que cela, "toi ou un autre", sans distinction, je n'éprouve rien, pas le plus petit désir, pas la moindre émotion. Et si tu veux tout de même t'acharner, d'abord, fais le à mon encontre, ensuite, ne viens pas te plaindre de l'issue tragique que tout cela causera.
Stop maintenant. Tu as gagné.
Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /2008 18:54
Les jours se suivent et.. se ressemblent... Ah non, probablement ai-je oublié que j'avais un nouveau "pote". C'est cela donc, un "pote", allons bon, je n'arriverai pas à sortir le mot des guillemets pourtant...
Combat de coqs au poulailler, un coq qui se croit tel et qui a bien perdu de sa prestence dans la confusion des attitudes plutôt moches, un autre qui ne se revendique pas coq et qui préfére regarder tout cela de bien loin, et au jeu de la poule dans l'enclos, je prends le rôle... Oui, sauf que je ne suis pas la proie, dommage, et puis, il est révolu le temps où il aurait été plaisant de voir deux prétendants se battre en duel pour vous.
Je laisse mon "pote" m'oublier, je préfère l'oubli à la descente au rang zéro, "ami" aurait encore pu passer quoique le dire déjà me paraît bien précoce, et je laisse le coq se rouler dans ses vanités, imaginer l'inimaginable. Quant à moi, je poursuis à déambuler là, sinueux chemin dont je ne suis pas vraiment le décideur. Je me sens marionnette, d'un corps, des autres, et d'un certain vide, celui qui vous donne le goût du rien.
Les nouvelles aujourd'hui sont pires que celles attendues, mais au jeu du pire, finalement, rien ne m'étonne plus. Dire que je suis prêt serait une gageure, disons que voilà, je ne suis pas surpris et vaille que vaille, je ne suis plus maître là non plus.
Beaucoup de demains tombent à l'eau d'un coup, des horizons plus nuageux à traverser, pour aller où ?, hélas je ne le sais que trop peu, à moins que je ne veuille l'admettre. Il y a une certaine satisfaction, j'étais fatigué, et voilà des évènements indépendants de ma volonté qui viendront justifier mon état, j'aurai toutes les excuses, même si j'ai baissé les bras ou abandonné les armes. Et puis, de quelle bataille parle-t-on, je n'ai jamais trop bien compris le sens de celle-ci. Mourir ou pas, le chemin qui nous mène là-bas prend des tournures que parfois rien ne perturbe.
Je voulais démissionner de mon emploi, la lettre est prête, j'attends quelques jours, une réponse, 15 mai, date fatidique, ensuite, peu m'importe, soit j'occuperai un poste bien plus intéressant, soit j'irai là où je saurai toujours me redresser.
Point de peur, ainsi dira-t-on : vanité ! Probable, mais enfin, de quoi pourrai-je bien avoir peur. La maladie, les maladies sont là, l'amour n'y est plus, le travail en dessous de tout cela, et bien, pardonne moi mon "pote" mais cela représente bien peu, et famille et amis, oui, mais les conditions sont toujours celle des intimités à ne pas perturber.
Mon père s'est aujourd'hui fait opérer de son cancer à lui, drôle de coïncidance, je n'ai pas trop angoissé, une pensée par moments, puis sa voix exténuée ce soir au téléphone, l'opération s'est bien passée... S'il savait ! Finalement, finalement, je n'aurai jamais appris à aimer mon père, mais il est, il existe et je le respecte désormais. Il est mon père, rien que cela, et parfois, ce peut être pas grand chose, sans que l'on en ressente une quelquonque gêne ou honte.
Le coiffeur m'a dit que j'étais beau, je ne crois plus en ces compliments, d'autant plus quand ils émanent d'éphèbes sortis d'une antiquité dont j'aurais adoré vivre les fantaisies. Mais du baume à l'égo, juste cela. L'avantage de mes ruptures ? Je perds certainement autant de larmes que de kilos à chaque reprise. Comme quoi, les régimes d'avant été ne servent pas à grand chose.
Je n'appèlerai pas mon "pote". Premier jour même sans le moindre sms. J'y pense, n'oublie pas, mais tout ce fracas ne me démange pas. Je ne veux plus entendre de mal, du méchant ou du cinglant. Et peut-être que je ne veux plus savoir si tout cela est la réalité. Je ne sais pas désaimer si vite, si tôt, mais j'ai appris à disparaître, moi le farouche partisan, autrefois, des amours à renaître, en amitiés.
Laissons donc mon "pote" bien occupé.
Et je vais me laisser aussi pleurer, j'ai écrit, cela n'a pas servit ce soir, voyez-vous, pourtant les nouvelles étaient pires. Plus de couplets sur qui appeler ou non, plus de lamentations véritables. Je m'en moque un peu, dormir, voilà, dormir, et demain sera aujourd'hui, puisque les jours passent et se ressemblent décidément beaucoup trop...
Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /2008 18:40
C'est exact, j'ai des amis, mais que revêt ce mot, quel sens puis-je lui donner lorsque j'atteins moi-même les limites de ma propre compréhension du monde qui m'entoure et bien sûr de ma petite personne.
Trois jours maintenant que je vis dans le silence, ou presque. Trois jours que je tais et fais illusion (d'ailleurs avec succès) sur une gravité qui me lamine sournoisement de l'intérieur. Trois jours que ma vie, oui ma vie, a pris une tournure assez dégueulasse.
Je n'ai jamais su ce que c'était que d'être malade. J'ai été séropositif 6 ans et ce n'était qu'un mot sans symptômes particuliers, avec pour seuls piqûres de rappel à mémoire de visites trimestrielles chez un médecin spécialisé. Puis, j'ai entamé un traitement, une trithérapie, et, bien que concerné depuis 6 ans par la prétendue "grave maladie", je suis quasi tombé des nues. Oui, je ne m'étais jamais vraiment informé, je n'avais jamais voulu trop savoir ou comprendre plus en avant l'avenir de tout cela. J'ai par ailleurs débuté cette trithérapie dans un cadre tout à fait "hors norme", pour des motifs réellement indépendant du VIH en lui-même, mais liés tout de même. Et, je ne devrais certainement pas le dire ainsi, mais ce traitement assez lourd n'a pas eu de conséquences franchement catastrophiques sur mon quotidien. J'ai vécu aussi ces crises, que, encore aujourd'hui, on définit mal, entre épilepsie, tétanie, conséquences assez floues du Sida, bref, des épisodes douloureux mais, curieusement, qui avec le temps, "s'adoptent" et s'apprivoisent. Alors, je n'ai jamais osé me prétendre malade, bien que l'étant. Et puis, je n'ai jamais su "comparer", me dire, me positionner face à l'autre. Qu'est-ce qu'un cancer à côté d'un sida, etc... La question me semblait obsène.
Je vois bien que la maladie, quelques effets, quelques désagréments empiètent de plus en plus sur ma vie, mes envies, ma personnalité même.
Je vois bien, je ne suis pas dupe, que j'ai changé, grandit ou pris de l'amertume. Je vois bien que je n'ai plus les mêmes capacités physiques, les désirs ont également évolué, mais que fallait-il placer sur le compte de la santé en elle-même ou de l'âge parrallèlement...
Et puis voilà, il y a trois jours. Le couperet. Quelqu'un auquel je tiens beaucoup dirait "la fatalité".
Je suis malade, oui, du sida, de malaises convulsifs répétés et, désormais, d'un cancer.
Ainsi le mot est lancé.
Trois jours où j'ai bien cherché quelqu'un à qui le confier, quelqu'un sur qui tout déverser et peut-être même pleurer ce que je n'ai pas encore pleurer, mais non, je n'ai pas trouvé.
Le soir même de l'annonce, j'ai contacté cet homme que j'aime tant et que j'ai pourtant quitté pour le lui annoncer, et puis, non, je n'ai pas osé, ou pas voulu, ou tout simplement ne l'ai-je pas senti prêt à l'entendre. Le lendemain, je le lui annonçais enfin, via internet et j'ai étrangement exprimé tout cela avec une distance et une légèreté qui ne me correspondent pas. Je voulais hurler, l'implorer, le serrer fort dans mes bras, mais non, il n'était pas là, il a entendu je crois, et tout s'est arrêté là, à la seule annonce du verdict.
J'ai retenu cette phrase qui ne m'a pas blessé mais qui soudain a pris un sens amer : "tu as bien fait de partir"... Oui, j'avais sans doute bien fait de partir dans cette si grande ville où ma solitude est désormais plus avérée que jamais, oui, j'avais sans doute raison de m'éloigner de lui qui composait l'essentiel de ma vie, même si, encore une fois, l'amour n'est pas TOUT.
Cet amour qui me parle aujourd'hui de sentiments au passé, est-il devenu un ami, cet homme me manque atrocement. Je n'ai rien fait pour revenir à lui, j'attendais un signe, une volonté de sa part.
Et je réalise que je n'obtiendrai plus jamais cette "faveur". Je suis malade, doublement malade, je ne sais plus comment apprécier mon cas, ma situation.
Chaque nuit, je dors tout contre mon chien et je le sers si fort que le pauvre ne comprend plus vraiment la supercherie de cette "vie de chien"... Un chien, un chien, c'est donc ainsi la seule compagnie qu'il me reste réellement, et je pense, plus que jamais, à demain.
Je ne pourrais pas me battre seul, je ne pourrais plus, je l'ai trop fort et l'on peut me prêter toutes les forces du monde, me qualifier de solide à tort ou à raison, mon corps, mais mon esprit même, n'ont cette fois plus les résistances passées.
Je pense à la mort. Evidemment. Nul médecin ne vous dira jamais que vous allez mourir, tant qu'il reste un traitement, un médicament, une pillule à ingurgiter ou tenter. Alors, ils ne disent rien, il prescrivent, ne s'engagent pas et parlent des lendemains comme de longs processus à engager méticuleusement.
Je ne saurais pas mourir seul.
Je ne saurais plus cacher, taire ou pleurer dans le silence des yeux d'un chien.
Toutes les raisons me sont offertes de ne plus oser l'amour, de ne plus l'envisager, et qu'importe. Mais qui, quoi, d'autres que l'amour m'accordera cette présence là, ce soutien et ce quotidien sans défaillances individuelles et pathétiques.
Alors, je ne sais plus, demain ? Je ne sais plus.
Donc j'écris...
Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /2008 19:00
Il y a se dire que d'un "chez nous" qui n'était pas vraiment "chez moi", je suis désormais un peu partout, "chez eux" et que je ne suis pas prêt d'en retrouver un, de "chez moi"
Il y a se dire que je n'ai plus envie de prendre ma trithérapie, et que depuis 2 jours, j'ai cessé. On ne m'en a jamais expliqué les bénéfices, et j'allais très bien sans, ne me restent plus que ces foutus anxyolitiques et anti-dépresseurs d'une dépression que l'on m'a collé au front de toutes pièces... Ceux-là, ces médocs, ça vous colle au sang, et bonjour le bordel pour vous en débarrasser.
Il y a se dire que mon compagnon le plus fidèle et surtout le plus réconfortant n'est plus provisoirement avec moi, mon chien, c'est con, une boule de poil qui gesticule même beaucoup trop, oui, ben c'est tellement mieux que le rien et l'absence de son regard, son corps étalé contre le mien, sous la couette, la nuit.
Il y a se dire qu'au moins, j'ai de la volonté pour un domaine précis : le travail. Ou plutôt, ne plus travailler là où je suis depuis 7 maintenant. Oui, j'ai la rage et l'envie, par tous les moyens, et même s'il faut en baver avant de retrouver un équilibre, de partir et de dire "merde" à une fonction auquelle je ne peux participer. Je n'aime pas ce métier, s'ajoute à ce dégoût une sincère incompréhension quant aux tâches qui me sont demandées. Simples questions "éthiques", je ne veux pas participer de cela.
Il y a se dire qu'il faudrait agir pour soi seulement, ne plus avoir en ligne de mire l'admiration ou simplement les attentes de quelqu'un, de l'autre. Et là, je pêche ! Tout acte est coordonnée en fonction du devenir, et je ne sais pas penser un lendemain sans ce quelqu'un, qui qu'il soit.
Il y a se dire que je vais me battre, oui, mais que le manque de force et d'habileté, va certainement me conduire vers des chemins de traverse, la facilité, et l'argent facile. Car il y a les dettes, presque rien à côté d'autrefois, énormes devant la solitude et l'exercice du combat solitaire.
Il y a se dire que mon image est entâchée, que l'égo est effrité, et que la honte ou la culpabilité rongent.
Il y a se dire que je devrais saisir l'occasion de l'aventure parisienne, ou peut-être ne pas me leurrer dans cette fuite mais agir du côté du très sud, même si ça ne sert à rien.
Il y a se dire que j'ai besoin d'amour et que je n'ai jamais vécu seul. C'est froid la nuit, c'est muet la journée, plus rien ne ressemble à rien...
Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Vendredi 4 avril 2008 5 04 /04 /2008 16:33
J'ai aujourd'hui perdu l'unique raison de me battre, alors même que je commençais lentement à comprendre que tout ne devait pas être un combat permanent.
Je ne parle pas d'un amour, je ne parle pas d'un travail, je ne parle évidemment pas de la santé, mais d'un mélange de tout cela et de l'impalpable, indéfinissable autour de ce qui de nous, de moi, des êtres à part, chacun essentiel et unqiue à la fois.
Alors, je ne vais pas me battre. Alors, je ne vais pas tomber non plus, car vous savez mieux que moi qu'au moment même où l'on se sait en faillite, on devine que, forcément, le meilleur, ou du mieux, arriveront.
L'écriture en tout cas ne m'aide plus. Il ne se passe plus rien ici, plus rien qui ne me serve et ne me convainc, plus rien qui ne soit à partager dans le principe d'une certaine envie de donner.
J'ai commencé l'exercice du blog, via ici ou là, en juin 2005. Je me retire presque 3 ans plus tard. Ni un adieu, rien, juste un combat de moins, une arme devrai-je dire.
Un autre espace, d'autres moyens de s'exprimer, des soupapes de sécurité, ailleurs ? Non, rien, rien sans l'unique raison de me battre justement et rien, parce que le vide m'est facile, docile, même si imposé.
Je vais là où j'ai horreur d'être, je vais là où l'on a commis sur moi l'horreur, je vais là où rien ni personne ne pourra me contredire, lorsque d'ailleurs je n'aurai rien à dire.
Je veux du silence, de l'oubli, aucun espace nécessaire, de quoi respirer, attendre et continuer.
Je pleure et je vais encore beaucoup pleurer, ce n'est rien.
Je devrais faire une somme d'adieux, je vais pourtant me taire.
Il m'a appris que l'amour n'est pas TOUT, belle leçon, alors, me reste sans doute un ailleurs... Il ne sait pas, je ne lui dirai pas, j'ai été homme, pour la première de ma vie, j'ai grandi, j'ai failli, mais je suis resté debout, et, le comble, n'ai pas fermé les yeux.
J'ai perdu l'unique raison de me battre, car rien n'est un combat vraiment, j'ai perdu cette propre guerre d'avec moi-même.
Je te demande pardon, non pas pour ce qui se passe, là, notre immédiat, mais pour l'ailleurs et demain que tu me reprocheras de ne pas être moi, car je ne le serai plus en vérité.
J'avais un bébé, sans landeau, j'avais un bébé, voilà tout...
Par David - Publié dans : L'ego pleure
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