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Texte Libre

Samedi 14 juin 2008
Finalement, et comme prévu, cela n'aura pas été difficile de partir, cette fois. Le séjour ne devait durer qu'une semaine, la semaine échue, les bagages remplies, il partirait ce matin pour sa tournée matinale et j'embarquerai le chien, les valises et ma fatigue (vendredi 13 de malheur !), direction la gare...
J'ai fumé ma clope sur le balcon, le regardant s'éloigner, avec son sourire toujours aussi distant, pas d'émotions particulières, enfin si, de la bêtise, celle de se dire que c'est vraiment d'une stupidité absolue de revenir chaque fois et de quitter les lieux toujours et encore... Mais j'allais mieux, je vais mieux, quoiqu'il se soit ou non passé entre lui et moi, rien ne changerait plus, dans le court terme, et il faudrait l'accepter, pour ne pas dire l'assumer...
"Au revoir, à bientôt", des "prends soin de toi" ou des "merci pour tout" et une dose de choses qui ne se disent plus mais que j'ai appris à entendre.
Et puis merde, voilà que c'est le toutou de monsieur qui me fait fondre en larmes... Une bonne demi-heure après le départ du maître de maison, je quittais le domicile en laissant le petit chien qui, à peine la porte refermée, gémissait de plaintes à voir son compère partir (et moi aussi je crois ?!)
Des larmes, des larmes, des larmes... Bref, une histoire canine, on dira ça comme ça...
Est-ce pour bien faire ou pour réellement me mettre dans un embarras réel que la sncf Languedoc Roussillon a décidé de se mettre en grève ? Et je précise bien "Languedoc Roussillon", là où je me trouve, car évidemment le réseau ferré national a repris le travail LUI !!!
La SNCF m'a jeté un sort, chaque voyage est un périple terrible, une épreuve monumentale. Dernière épopée en date, parisienne cette fois, je loupe mon train, je me tape 150 euros de billets pour le prochain départ et je porte plainte contre un vigile de la gare de Lyon...
Enfin voilà, recherche monsieur désespérément dans les ruelles catalanes, s'vous plait m'sieur, pourriez-vous m'héberger une nuit de plus, et me donner vos clés pour que je puisse éventuellement rentrer chez vous déposer ces bagages énormissimes... Monsieur pas très content, ou alors fatigué (sa version)... En même temps, je le comprends, fin de semaine, lassitude et épuisement général, ne voilà-t-il pas qu'il se paie l'ex un jour de plus...
Et le pire est que les draps sont partis à la machine à laver, ben ouai quoi, je fais les choses bien moi quand je pars...
Un jour de plus...
Après l'épisode de la nuit dernière aux urgences vétérinaires, les frasques insomniaques de monsieur et les nouvelles de la veille qui, probablement, modifieront considérablement mon avenir proche, non, ça ne va pas plus que cela. Pas de déprime véritable, encore moins de désespérance, mais la boule au ventre, les nausées, ces fourmillements que je reconnais parmi mille et qui annoncent des éventualités que je n'ose nommer, que je ne voudrais absolument pas revivre ici, en ces lieux. Non, ça ne vas pas, pas plus que ça.
Le repos m'est indispensable, et j'ose le dire, un retour aujourd'hui m'aurait octroyer un dimanche de farniente totale. En remplacement, l'angoisse, le qui vive et l'inévitable impression de toujours déranger.
Envie de dormir, mais dormir vraiment quoi. 33 ans, est-on si usé à cet âge là ? N'importe quoi ! Mon corps ne m'appartient décidément plus, et dans tous les sens du terme...
Par David - Publié dans : Le quotidien
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