Oh non je ne t'aime pas... Oh non, ne crois jamais cela, ici et maintenant et pour des mois, que dis-je tout ce qui reste à
venir.
Je ne te déteste pas, pire, je n'ai même pas de haine. Mais ton omnisprésence, suffisante, arrogante et souvent déplorable, ne me laisse pas, tu seras content, de marbre. Pour quels effets donc ?
Rien, mon seul mépris, et je dirai que ce n'est justement pas rien.
Renier un amour, cet amour là, où tu m'aurais soit disant tout donner, mais de qui te moques-tu, toi qui n'aura rien perdu, tout retrouvé, de qui te moques-tu, enfant de mauvais bourgeois,
famille raciste et intolérante dont tu te vantes et dont tu clâmes la ferveur qu'elle te dédierait. Mais tu ne vois rien, même pas le dédain qui est accordé à ta pauvre homosexualité, à tes
amants si mal choisis parce que ne correspondant pas "aux règles" familiales. Oui, il s'agit ici bien de moi, pédé sans se cacher, pédé sans se revendiquer, porteur de la mort, celle-là qu'ils
auraient tous bien voulu voir s'écarter de toi. Et, lorsque je te quittais alors, quelle ne fure pas leur joie...
Tu n'es pas différents d'eux cher ami, tu n'es qu'eux, abrité derrière l'inculture, et, ce ne serait pas tant un défaut, si seulement, il ne te manquait pas cruellement d'intelligence et de
finesse.
Le sacrifice n'en fut jamais un. L'autre bout du monde était une aventure qui, si je devais la reconduire, se referait sous les mêmes éloges. Mais ton amertume l'a nommée sacrifice, ce don de moi
que j'avais admis pour nous.
Tu as pris beaucoup plus que je ne pouvais donner.
Tu as interdit tellement d'urgences qui m'auraient fait, en tout cas du bien, de la sérénité.
Tu as fait des promesses, qu'importe qu'elles n'aient pas été tenues, tu n'es pas homme de paroles, d'aucunes voix, seuls l'argent, le pouvoir et la réputation gouvernent tes pulsions, tes
émotions, et tout ceux qui acceptent de t'entourer. Oui, probable que mes amis sont rares, mais ils sont, là, précieux, indispensables, et présents. Pourras-tu en dire autant ?
Tu n'as pas gagné. Avant lui, il y en eut un, et peut-être plusieurs, autres... Des aventures, des plaisirs intenses, des furtivités charnelles, oui, tu n'étais déjà plus bien avant que lui ne
soit.
Sous tes yeux qui ne voyaient que la parade d'un couple tellement à ton image, tu n'étais que seul pendant que je suçais le pharmacien du coin dans la pénombre d'un cinéma de quartier, je
m'engageais dans son intimité, chez lui, bronzait nu sur sa terrasse, et toi ? Tu ne savais, ne voyais et ne te doutais de rien.
J'avais besoin des soins que tu m'interdisais, pour ne pas les comprendre, et tu votais déjà pour cette merde de France pour laquelle tu applaudis encore.
Et puis, oui, lui est arrivé. Bien après que tu fus enterré très profond dans la terre de ma rancune.
Tu aimes à te dire qu'il n'existe plus. Tu aimes à te dire qu'il ne viendra plus, s'interposer, se faufiler dans nos travers. Mais, je dis bien "mais", avant de te figurer le moindre "nous",
sache qu'il sera là, encore longtemps, oh oui longtemps encore.
Tu n'as rien gagné, tu es juste faible, alors que je croyais moi-même l'être, tu es la faiblesse, et le manque de fierté.
Je te méprise, ton corps m'écoeure déjà, ta voix m'insupporte, tu ne seras rien, rien.
Fais de mon corps ce que tu voudras, je te souhaite bien du malheur dans ce désir qui ne renaîtra pas, et duquel je ne souffrirai pas, crois-tu vraiment que l'amour physique avec toi fut une
réjouissance ? La question se répond d'elle-même.
Tu n'as pas gagné.
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