Commentaires Récents

Recherche

Créer un Blog

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Texte Libre

Vendredi 13 juin 2008
Tais-toi...
Tais-toi, le corps tremble et la peau frémit. Ils étaient biens ainsi, serrés l'un contre l'autre, farouchement enlassés, ses jambes entre celles de son amant de la nuit. Tais-toi, ne fais pas ce que je dis, mais laisse dire nos corps... Il aurait suffit de cet instant, ses bras autour de son buste, sa tête camouflée dans son cou, il aurait suffit de ce seul moment de grace pour que l'un des deux hommes satisfasse ce manque cruel de tendresse et de douceur. Il ne dira pas non aux gestes qui suivront, ceux qui iront là où personne n'allait depuis bien des mois.
Sa chair vascille et l'autre, d'une feinte assurance, d'un désir indéniable tant son coeur bat fort, vite, cinglant, l'autre prend de l'emprise sur la bouche désormais muette du garçon qui n'attendait rien.
Tais-toi...
Et l'innocent parle maintenant au sexe durcit, ce sublime qu'il connait si bien, dont il s'est si souvent rappelé le goût et les formes. l'innocent n'en est plus un, qui enrobe de ses lèvres l'instrument des non dits, de l'amour qui doit se taire, puisque les amants ne feront pas acte amoureux.
Il comprend maintenant quand, à son tour, il offre son excitation à la bouche de son partenaire, et tous les deux, dans un mélange de caresses et de plaisir assumé, s'offrent la franchise de leurs virilités respectives.
Il n'attendait rien et profite désormais de cet instant qu'il voudrait voir se suspendre. Juste autour de son gland humecté de désir, la langue salivant d'une envie opressante, rester ainsi, ce sexe en bouche, ce lui en soi, toutes paroles auraient été confuses et idiotes, les gestes ont pris possession, l'ardeur a gagné la sensation et l'esprit est au dehors de ce lit d'où les draps s'écartent et se chiffonnent.
Tais-toi...
Il ne dira maux, jusqu'aux instants qu'il ne voudra jamais fatidiques, jusqu'à ces morts là que l'on prétend petites et qui ont toute la grandeur des sèves qui implorent qu'on les délivre.
Il ne dira pas, non, qu'il est déjà trop tard, "qu'il ne voulait pas", ou alors dans un spasme final qui s'écoulera le long du bras tendu de l'homme tant attendu, voulu, depuis... Depuis combien de jours maintenant.
Tais-toi, la peau aux gouttes de savon qui ont lavé son dos luisant de son bonheur sans bruit, de son aveu final, il n'est plus innocent de son corps nettoyé de l'amour qui est venu là quelques secondes le surprendre. Il n'est pas surpris de devoir réaliser que le charnel et la sensualité n'auront pas vocation amoureuse.
Il fume.
Il se tait encore, ou raconte les broutilles qui le désengageront. Puis, allongés à deux à la couche qu'ils ne devaient pas partagés, ses doigts caresseront jusqu'au sommeil son visage puis ses cheveux.
Tais-toi, l'autre se retourne et le résolu implore la nuit, son silence et le sommeil de l'emporter avec eux.
Il se tait maintenant, il n'a pas gagné, il n'a rien perdu, il sait qu'il a admis le silence et que toutes les paroles à venir auront le sens de ces mots qui parfois ne se disent pas et parlent tant...
Par David - Publié dans : L'ego aime
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Texte Libre

Texte Libre

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus