Bientôt un mois de bonne humeur, de douce hébétude, quasi enfantine, de la légèreté, une insouciance qui n'en est pas vraiment
une mais qui en a tous les bénéfices, de l'indifférence pour ce qui m'aurait bien souvent autrefois atteint, bref, une sorte de bien-être, même superficiel, qui me laissait "flotter" au dessus du
grand vide sidéral dont je n'avais toutefois pas perdu conscience.
Et puis voilà, en deux jours, deux jours seulement, voilà que le nuage s'évapore et que plus rien ne me retient en apesanteur, en deux jours le tapis de coton s'est volatilisé en me laissant à
l'agonie d'une chute vertigineuse.
Et je tombe, et je tombe, deux jours que cela dure...
Une heure d'antenne radio consacrée à celui qui nous sert de président écoutée ce matin, était-ce bien raisonnable avant de partir travailler ?
Des finances que je tente tant bien que mal de redresser et, hop, nouveau coup fatal, genre la facture de trop qu'on avait bien oubliée mais qui elle savait que vous existiez toujours, et qui
réapparaît soudain, et tous les projets qui s'envolent d'un coup...
Les trente et quelques poussières qui arrivent à grand pas et que l'on souhaitait passer en un lieu précis et que, faute d'argent justement, et par mauvaise fierté, on devine comme étant bien
solitaires, trop solitaires.
Un avenir professionnel auquel l'on donne vraiment sur le coup toutes ses chances et qui semblent s'assombrir pour de vagues considérations incompréhensibles.
Des proches qui sont dans une merde noire, peut-être plus que vous, qui n'ont plus le coeur à vous donner de leur nouvelle et que l'on n'ose plus trop joindre non plus.
La perspective d'être encore plus pute que l'on se sentait déjà pute, passer du second degré au premier degré.
Le retour d'un prédateur et la sensation de se complaire comme la proie idéale.
La culpabilité d'avoir coupé tous les "ponts" avec le système médical, de ne plus respecter, ou alors selon les humeurs, les obligations en ce sens.
La merde des gens rencontrés chaque jour et que je prends en pleine gueule parce que je ne sais pas quoi faire d'autres que de m'imaginer que je peux leur en délester de quelques grammes. Et
rentrer chez soi avec des histoires en tête qui ferait pâlir une Cosette moderne.
N'être nulle part, en tout cas pas chez soi et ressentir chaque jour un peu plus le manque, et d'attaches, et de repères.
La vie sans Monsieur évidemment, et les informations grapillées ça et là au lointain, son lointain, qui sont comme des balles tirées en plein coeur, sortes de lacérations bien sournoises sur
l'oubli qui s'épouse à la jalousie et le manque.
Bref deux jours, rien que deux jours pour retrouver le climat d'antan, et s'en sortir bien maussade, non pas déprimé, juste inadequat et transparent.
Voilà, fatalité comme dirait qui....
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