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Texte Libre

Lundi 26 mai 2008
Petit boy, v'là le surnom que je t'ai trouvé, Petit boy, oui, ben parce que tu restes mignon et gentil, t'es un peu brebis, et j'me dis que je me contenterai bien là de cette image, je sais bien va, que y'à toujours un loup plus ou moins féroce dérrière.
D'accord, tu m'as rencontré là où nous n'aurions jamais du nous croiser, d'accord, te retrouver quelques jours plus tard derrière mon box de conseiller de l'emploi m'a vraiment destabilisé, d'accord, tout ça n'est pas bien cohérent et frise avec les limites du raisonnable...
Tu es arrivé là, tu avais rendez-vous avec David C., ton nouveau conseiller "référent", celui qui allait te suivre désormais dans tes recherches d'emploi. Tu ne connaissais même pas mon nom de famille, ni moi le tien d'ailleurs, lorsque je t'ai vu sur la liste de mes rendez-vous de la matinée...
Alors quand je suis sorti de mon bureau et que j'ai appelé Julien C., je t'ai vu assis dans la salle d'attente, et, malgré ce sourire qui ne disait que "salut je t'ai reconnu", jamais je n'aurai pensé que tu allais te lever et te diriger dans ma direction pour me tendre la main que je t'avais offerte...
Et, la porte refermée, je savais déjà que l'entretien serait impossible, infaisable, j'en ai eu des sueurs, je te l'avoue maintenant. Et ces mille questions sur la façon dont j'allais m'en sortir pour ne surtout pas sortir de mon rôle, de ma fonction !!! Tu as dis "tu" de suite. Malgré deux ou trois "vous" de mauvais recadrage, voilà que je m'embarquais dans ton tutoiement imposé, et tu dirigeais maintenant l'entretien. Du contrôle de tes recherches ? Il n'en fut pas question. De l'aide que je pouvais t'apporter ? Vaguement nous évoquerons des pistes relativement floues... Ton regard insistant, tes façons perpétuelles de détourner le motif même de ta présence ici, tes allures de petit boy, vraiment, je me souviendrai toujours désormais de cette anecdote là...
Je dis "anecdote" et tu t'en vexeras sûrement mais si je n'ai pas su te dire tout cela de vive voix, que je t'ai emmené ici, sur un territoire qui peut m'être dangereux (par l'exploitation ou non que tu en feras), c'est qu'il m'est bien plus facile de t'écrire que de te dire, petit boy.
Tu as dis "tu" et je t'ai donné mon numéro personnel. Tu as téléphoné sous de faux prétexte (ton cv était parfait tu n'avais besoin d'aucun conseil) et je t'ai proposé d'aller boire un verre. Deux mois bientôt que dure cette danse où tu guides mes pas. J'ai été petit boy un jour, tu sais, et je vois bien où tu te diriges et voudrais m'emmener avec toi. J'ai été petit boy, oui, et tu me fais du bien, du sourire, je regrette ce temps là, ces moments où je pouvais tout me permettre, usant d'atouts supposés pour faire vasciller des prooies à qui je laissais penser qu'elles demeuraient chasseurs. C'est probablement ce qui me sauve de toi, petit boy ! C'est sûrement ce qui me préserve et m'assure quelques défenses, sinon oui, je le reconnais, malgré tes 11 années de moins, tu connais très bien les manières, les ruses et les façons d'amadouer les hommes tels que moi. Et tu me fais comprendre par là même que je suis devenu ceux vers qui je dirigeais mes séductions autrefois. Tes 22 ans, mes 33 ans, tu crois en la force des possibles, je crois en l'avéré d'une certaine mâturité, et résultat ? Nous nous trompons l'un et l'autre, sur nous, sur l'autre et sur les finalités de tout cela.
Ne pense pas que je veuille ici te détruire ou communiquer sur une lâcheté qui n'oserai s'exprimer autrement. Non, mais ici, là, en fouillant, tu trouveras certaienement quelques réponses à notre devenir petit boy.
Tu comprendras qu'il est un Monsieur dans ma vie, oui, celui dont tu m'as déjà dit quinze ou vint fois "laisse tomber, c'est mort", oui, lui, mais vois la force de mes sentiments encore vifs et présents, vois mon implication même cachée ou réprimée. Je ne suis pas de ceux là que tu rencontres dans cet endroit où le hasard nous a réuni, non, je ne suis plus, ou pas encore, qui sair, prêt à revivre ces façons là.
Tu ne peux pas me dire "tu", je ne peux pas répondre à tes appels, tu ne peux pas me toucher ou rester ailleurs que sur la chaise où je te reçois, je ne peux plus être celui qui peut et doit te suivre petit boy. Tu as besoin d'aide, de soutien et surtout d'outils pour des voies bien différentes que celles qui flouent nos rapports. Et je n'ai plus le recul ni le professionnalisme de te les apporter. J'ai demandé à ne plus te suivre petit boy et, le mois prochain, je ne serai plus celui qui appèlera ton nom dans la salle d'attente...
Ce n'est pas un manque de courage que de ne pas te l'avoir annoncé ce soir lors de notre ultime entretien, tu ne m'as même pas laissé en placer une, saleté de gamin !
Tu réussiras, c'est certain, et l'aide que je peux t'octroyer est bien maigre, tu as toutes les cartes dans tes mains, je ne me fais pas de soucis vois-tu.
Est-ce à dire que, débarrassé de mes engagements professionnels te concernant, j'ouvre la porte à d'autres alternatives, non petit boy... Je m'en vais bientôt, c'est un pâle motif certes, mais si tu en désires de plus sérieux, alors chaque fois que tu liras ici "Monsieur", tu comprendras. Si la maladie ne t'effraie pas, c'est que tu ne la connais pas, que tu es dans l'hérésie, l'utopie du plaisir instantané, sorte de passion non maîtrisée, cela aussi, je l'ai bien connu, pour ne pas dire subit, petit boy.
Même une heure avec toi ne m'est pas envisageable, j'en ai fini de l'amour, j'en ai fini même des sensualités qui veulent se suppposer durables, j'en ai fini des engagements qui se contredisent ou n'attisent que la peine finalement. Alors, je ne veux pas briser tes rêves, tes mille et une manières de combler le vide par un instinct de séduction permanent, mais si tu ne comprends pas mon propos, entends le au moins, il est le mien, ma vérité immédiate, et si elle n'est pas pérenne, que je change un jour, de discours ou d'envie, elle est en tout cas mon actualité.
Monsieur est toujours là, qu'il veuille ou non de moi, s'il m'a dit que nul retour en arrière n'était possible, et même s'il m'a à présent remplacé, Monsieur est toujours là. Et j'aurais le sentiment de nous tromper tous trois si j'acceptais le seul plaisir d'une moindre incartade en ta compagnie.
Evidemment merci pour les compliments, les avances et cette sorte de fougue qui semble sincère. J'ai été petit boy, je sais bien que tu te remettras aussi vite de moi que je me complairais un petit moment de ces sourires que tu m'as permis de délivrer à un moment où seules les larmes se voulaient maîtresses du quotidien.
"Restons amis" ? Pourquoi pas... Mais hélas, cette issue là, j'ai appris à ne plus trop l'espérer, Monsieur en est le dernier témoin, le dernier démonstrateur.
Oui, ton corps, tes sourires, cette si jolie manière de tenter toutes les formes de destabilisation, bien sûr que je n'y suis pas insensible. Bien sûr que si je le pouvais, je t'offrirais mon lit et mes bras surtout, l'espace d'une nuit, une nuit seulement, mais vois-tu, même cela, je ne le ferai pas.
A mourir pour mourir, petit boy, je préfère que cela se fasse sans toi, plutôt que tu n'y contribues de quelquonque manière. Tu ne sais pas tout, je n'ose pas dire que tu ne sais rien, mais je suis là sur une route de laquelle je ne veux plus sortir. Elle est ma voie, une décision, ferme et définitive, ma propre issue, et une finalité bien déterminée. Tout ça pour Monsieur ? Oui, peut-être, et alors... Vengeance ? Certainement pas. On ne se venge pas de quelqu'un qui compte et compte certainement trop. On ne se venge pas de quelqu'un qui a oublié que vous étiez vous-même quelqu'un. On ne se venge pas, tout court. C'est aussi mon message petit boy. Pas de rancoeur, s'il te plaît, pas maintenant, pas pour ça.
A bientôt petit boy, je crois toujours naïvement aux "à bientôt", même s'ils se transforment souvent en "adieux" non avoués.
Par David - Publié dans : L'ego aime
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