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Texte Libre

Vendredi 23 mai 2008
Je vais bien, je flotte... Potentiel érotique : nul, libido : zéro, et vie quotidienne on ne peut plus routinière. Il est où le problème ? Au fond, nulle part !
J'avance, c'est déjà bon, c'est déjà ça comme qui dirait, mais enfin, ce n'est pas à reculons, alors soit, le yeux ouverts et le pas nonchalant, j'avance, petite conviction, faibles envies, mais l'envie toujours et une lie de foi. En quoi me dira-t-on ? Ben n'allez pas chercher trop loin, ma route actuelle est barrée aux limites de ce vers quoi mes bras peuvent tendre, ce n'est déjà pas si mal.
Pourtant, j'ai pris une décision cruciale cette semaine, délibérée et réfléchie, malgré ce que l'on pourrait imaginer. Sans rentrer dans des détails qui ne surpendraient que moi, j'ai choisi l'avenir, en son sens le plus strict et matériel du terme à l'à venir, en ses aspects préventifs et donc alléatoires. En somme, j'ai opposé mon premier veto à la médecine, dans le seul but de privilégier et sauvegarder le minimum d'espoirs (à consolider encore !) que je me suis ces jours derniers fabriqués.
La vie ne me sourit pas plus qu'il y a une semaine ou un mois, mais je trouve enfin le ou les biais pour contourner et même, pourquoi pas, affronter une certaine forme d'adversité. Quand j'entends l'indifférence, alors je n'écoute plus que mon égo et, tiens, c'est bien la première fois que celui-là me sert à quelque chose ! Si untel t'ignore alors considère toi pour deux, et même, pourquoi ne pas, au lieu de lui répondre dans le même language, pourquoi ne pas lui offrir à lui le méprisant, un peu plus de considération ?
Tout en finesse, discrètement, je sais ce qu'il vit, ce qu'il fait, comment il va, et c'est bien assez.
Plus il me dit des "cela ne me regarde pas" ou "peu importe" ou "c'est la vie" ou "fais ce que tu veux", et patati et patata, plus il s'engage à me désengager. Il ne parviendra pas à faire naître la colère, elle est déjà morte avant que nous nous endeuillons nous-mêmes. Il n'arrivera même pas à torcher de mon esprit cette tendresse pour lui qui s'englue comme une mélasse sirupeuse. Non, tout ce qu'il contribue à gâcher, c'est ce qui valait le coup, ce qui était l'essence et les fondations, l'amitié. Monsieur, vous vous protégez certes, mais les barricades ont trop d'épaisseur désormais, vous savez que ma boîte à outils est bien vide et que je déteste les travaux manuels...
Je vire communiste, mince, à moins que je ne l'étais profondément déjà. Le socialisme est mort et les éléphants se trompent énormément, de cet organe qu'ils ont trop long à renifler le pouvoir justement.
Je pleure chaque soir. Tradition qui me convient parfaitement. Des larmes d'impuissance certes, mais qui me clâment que je suis bel et bien vivant. Je suis en peine, déchiré, et surtout, passionné des gens que je rencontre désormais chaque jour, que je suis régulièrement. J'ai changé, tellement changé. Je suis sorti du système, je frôle l'illégitime tout le temps et je m'en contrefous. J'occupe une place qui m'octroie finalement des responsabilités (longtemps récusées) géniales et galvanisantes. Je mange avec la vie chaque jour et tous ces parcours que l'on m'envoie à la gueule quotidiennement me tiennent en sursis. Tous ceux-là que j'aide, bien ou mal, peu ou trop, tous ceux-là, je les reçois derrière mon bureau avec la pensée que je pourrais, non pas être eux, mais être avec eux, je veux dire, dans leurs vies, dans leurs lits même. Ce sont leurs intimités qu'ils me donnent en partage d'un service que je détourne à ma sauce, d'une administration dont je détourne les règles et dont je m'approprie des moyens même factices. On s'en fout, on est en vie. Je veux bien être alors leur éponge, et leur buvard aussi, j'ai de quoi, et j'aime mes larmes.
J'aime les hommes, leur virilité et toujours, cet animalité qui me fait bander de curiosité charnelle. Et je ne comprends plus toujours quelle est cette douce et persistante attirance pour ces femmes qui m'entourent, toutes splendides et généreuses, tant lorsqu'elles s'emeuvent que lorsqu'elles se pavanent. Celle-ci a 22 ans et pourrait être ma tartine de confiture, celle-là aura bientôt 40 ans mais déjà les années pour me faire une gloire douce amère. Les femmes... Sont-elles ma mère, sont-elles l'enfant qu'elles pourraient toutes me donner, ou sont-elles vraiment ces désirs là qui me feraient presque vasciller ?
Monsieur m'avait oublié bien rapidement, quelle claque à l'ego, il m'aura aujourd'hui remplacer. C'est ce que les rumeurs prétendent, ce que les gens disent, je n'aurai certainement pas du mener d'enquêtes, on m'aura alimenté d'un discours disconvenu et franchement vexant. Soit, Monsieur s'amuse en d'autres occasions, mêlant sa chair, et ses sentiments sûrement, à l'arrogance d'un mieux que moi, soit, bien à vous Monsieur, vous m'aurez bien eu, renard et moi corbeau... Mais je reste sur la plus haute branche, déjà pas mal, et les bourgeons fleuriront tôt ou tard...
Voilà tout, voilà bien !
Par David - Publié dans : Le quotidien
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