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Texte Libre

Samedi 10 mai 2008

Je ne sais pas, est-ce un abandon total des armes, une façon plus ou moins tacite de ne plus considérer le « combat », même si rappelons que l’amour n’en est pas un, mais voilà, rien n’est plus vraiment à l’identique. Lassitude ou simple évidence de qui ne veut plus souffrir, car ce n’est que cela, de la souffrance, malgré la force, la volonté et la vigueur. On ne force pas l’autre à vous aimer, non, on ne le force pas, l’amour est là ou ne l’est pas.

Mais, si l’amour n’est déjà plus là, moins d’un mois après mon départ, alors, je ne peux que réaliser qu’il ne fut jamais entre lui et moi.

Je n’étais que la cerise sur le gâteau, et la question est : qu’était le gâteau ? Lui et sa vie solitaire avant moi, ou l’homme d’avant, jamais vraiment oublié ?

Je suis une boulette, un hypocondriaque, si je l’écoutais. Je suis immature, je suis impulsif, je suis égocentrique, je cultive une somme de défauts, et je tente par tous les moyens de me souvenir un compliment, je n’y parviens pas.

J’ai pleuré cette nuit. A plusieurs reprises. Que l’amour soit parti, déjà ?, si tôt ? « Comme l’on a envie de ranger le beurre et qu’on le met au frigo », « fini les tartines », les comparaisons ou métaphores ont blessé, durement, âprement, c’est mon orgueil qui parle bien sûr, mais l’incompréhension surtout et la remise en cause de plusieurs mois à s’être cru en amour. L’amour, le vrai, je suppose, ne s’évapore pas ainsi, d’un coup, sur la simple volonté de l’homme quitté qui souhaite s’en sortir et se protéger. Alors s’il ment, ou se cache la vérité, peut-être, mais il n’empêche que les mots sont amers et bien élus, objectivement utilisés pour atteindre, là, mes points sensibles, mes failles…

Vraiment, première grande tristesse, et première sensation de perte, de désaveu, de non-existence, non-considération.

Je conserve quelques convictions, il parviendra toutefois à les élimer peu à peu, il sait tout, a très bien discerné mes faiblesses, et ne fera qu’une bouchée de pain de moi. Pourquoi ? Je ne sais pas. Vengeance ? Je l’en croyais dépourvu. Rancœur ? Oui, mais pourquoi ne pas l’admettre…

Et, avec ces espoirs en moins, je me fous en l’air. Et sans espoirs, je me conduis mal.

Aucun reproche, même pas de la colère, juste de la tristesse, de n’avoir plus le même interlocuteur, plus l’être aimé d’il y a peu, et même pas l’ami d’avant tout cela, qu’est-il devenu, qu’a-t-il fait de moi… Pleurer.

Lui va bien, le revendique, la prochaine rencontre proposée est vaine, Vanessa Paradis à Nîmes également, je le suppose. Et j’attends, oui j’attends, le jour du silence, des sans nouvelles, de l’adieu qui ne dit pas mais qui y ressemble dans tous les contours du vide imposé. Incompréhension. Pleurer.

 

Par David - Publié dans : L'ego pleure
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