J'en avais marre du jeune et con Damien Saez. Marre de ses jérémiades, de sa voix gémissante et des ses textes à enfoncer des
portes ouvertes.
Je me souviens de la découverte de cet artiste, à la même époque environ que Raphael, et c'est à peu près au même moment que
j'ai commencé à les trouver, bien que différents l'un et l'autre, "gonflant". Pourtant adorés aux premiers albums, les deux jeunes artistes se sont vite transformés en "machines à tubes", quoique
Saez plus en réserve avec son attitude faussement rebelle...
Et puis il y eut Saez sur scène, une véritable catastrophe "ouïstique", un désastre, je ne voulais plus l'entendre.
Ce n'est donc que par curiosité que j'ai téléchargé le nouvel album.
En fait, Damien Saez, désormais délivré des chaines d'Universal s'autoproduit. Et il livre sa nouvelle galette sous deux
formats, un simple album intitulé "Paris" et un triple album (rien que ça ! 29 chansons en tout) intitulé Varsovie/L'Alhambra/Paris"... Je suis tombé dans le piège !
Le lendemain, j'achetais sans aucune hésitation le triple cd du petit con qui, merde, a bien évolué. Les textes qui frôlent
encore parfois une démagogie prépubère, dont le single "Jeunesse Lève-toi", se sont enrichis d'une mâturité réellement splendide. Je n'ai pas très bien compris le principe du triptique, puisque
les chansons sont réparties sans ordre précis par rapport aux titres des disques et l'ensemble reste très très homogène à savoir : SOMBRE.
Contrairement au précèdent album Debbie, Saez est ici dans l'accoustique, une seule guitare souvent pour accompagnement et une
voix qui s'est adoucie, qui se contrôle et même chante juste parfois !
Le disque le plus réussi est selon moi "Varsovie" où je retrouve là, dans chaque parole, une étrange écho, franchement
désagréable en cette période réellement difficile de ma vie. Ainsi, le titre "Que tout est noir" est bien le plus représentatif, le plus beau me semble-t-il, mais il en est tant à découvrir dans
ces 29 chansons, vraiment.
L'artiste a pris en force et en assurance, et surtout en mâturité. Les textes peuvent parfois frôler la poésie et y toucher
même, tant les tournures sont espièglement bien trouvées.
Pour sûr que le mec a du vivre les évènements évoqués pour les retranscrire aussi douloureusement !!!
Enfin voilà, contrairement à Raphael, dont le dernier opus reste très moyen, je dirai que Saez, lui, est revenu, et tant mieux,
cela fait du bien (et du mal mais bon, j'assume !)
Bonne écoute !
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