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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /Juil /2008 10:10

Finalement, tout va plutôt « vite », oui, lorsque l’on regarde avec ce recul là, lorsque l’on se dit : « sur toute une vie, qu’est ce que cela aura représenté ? »

Il y a un moment particulier, une pensée spontanée et tenace, un instant précis où, ça y est, l’on sait que tout est fini. C’est drôle, l’heure précédente pour ainsi dire, on était encore agglutiné à la mesquinerie de cette douleur insoutenable, et la voilà qui se fait la belle sans crier gare. Tant mieux se dira-t-on alors, oui, mais le besoin de comprendre est omniprésent, pourquoi avoir eu mal, pour s’être « naturellement » résigné sans que rien ni personne ne nous aide vraiment à cela, et de manière aussi subite…

Les beaux discours lancés depuis de trop longues heures s’envolent et ne signifient plus rien, on ne veut même pas se dire qu’ils avaient raison, elles, les phrases toutes faites, ou les conseils amicaux, de proverbes classiques en sérénades complaisantes… Non, leur donner un sens ne servirait à rien, tout est fini, même le besoin de savoir.

Je ne sais si j’ai perdu une bataille. Je ne me suis jamais senti en danger ou attaqué. Je ne sais si j’ai vaincu un adversaire, j’ai toujours eu à faire à une histoire vertueuse… Peut-être ne s’agissait-il que de résistance, de survie même, ne pas oublier, affronter l’abandon, la désunion. Et l’on ne résiste jamais, je crois, à ces heures, sans quelques « fausses notes » ou dégâts collatéraux…

Et pourtant, malgré ce déclic fatidique, raisonnant tel une issue improbable, on sait aussi que l’oubli n’existera pas, jamais. Probable même que ce que l’on nomme « déclic » n’est qu’un embryon de finalité supposée, encore une erreur sur l’échelle de ce que l’on désire ardemment et de ce qui se déroule sans que l’on ne le veuille réellement. Je ne sais pas tout cela, même si les histoires ne sont plus à refaire, que j’ai certainement vécu pareils passages dans le vide autrefois, je n’ai rien retenu, ou rien voulu retenir. Toutes les histoires devaient être différentes depuis le début, même si je n’inventerais rien. Ainsi, je me retrouve seul. Libre ? On peut le prétendre, mais le risque de se tromper est trop énorme pour le revendiquer. Et puis, la liberté n’existe qu’au sein de nos idéaux composés, le concept de liberté ne colle pas bien avec l’évidence d’une vie en société…

Ecrire ici en est le paradoxe douloureux. J’ai perdu, outre l’envie et les élans d’autrefois, la liberté de dire et d’être sincère. Epié ou manipulateur moi-même, tout ce qui a été transcrit ici ces dernières semaines, même si un fond d’honnêteté subsiste toujours, demeure vain et inutile, sans sens concret ou cohérent.

Je ne cesserai jamais d’écrire. Je ne cesserai jamais de dire et de m’élancer avec l’impulsivité qui me caractérise vers ces joutes verbales qui elles seules me conviennent dans la forme. C’est ainsi que je referme la page, définitivement, de l’exercice tenu depuis plus de deux ans maintenant. Pas de migration vers un autre espace, de décision sur laquelle je reviendrai deux jours plus tard ou d’alerte aux « retenez-moi, je pars », non, aussitôt, l’article édité, puisqu’on nomme ainsi nos billets d’humeur, aussitôt l’aventure prendra fin vraiment cette fois.

J’ai la certitude que ce moyen de contenter l’ego, de se délivrer d’une intimité que l’on a viscéralement besoin de mettre aux nues, j’ai la conviction que cela ne me quittera pas et que donc, autre chose, quoi je ne sais pas, existera. Mais cela ne pourra se faire tel qu’aujourd’hui, lu par des personnes auxquelles je suis d’une certaine manière enchaîner de mauvaises façons, lu par des individus qui ne m’autorisent peut-être plus une totale jouissance du mot craché ici. Je m’en vais en lâcheté, pour ne pas revenir nauséeux de remords ou de culpabilité. Quelques uns suivront, allez savoir, d’autres non. Il me faut en tout cas une latence,  un fossé entre l’œil inquisiteur et moi.

Ai-je donc dit, via ce dernier paragraphe, que je ne l’aimais plus ? Certainement pas. Il ne m’aime plus, la certitude s’est enracinée brutalement mais honnêtement.

Ai-je aussi dit que je n’écrirai plus ? Non, mais la vanité toujours me fait croire qu’un nouvel horizon m’apportera bien d’avantage.

Je n’ai dit que l’instant fatidique où tout ce qui fut s’est dérobé dans un sursaut peut-être cruel, mais efficace, si tant est que le but était aussi radical.

Alors « voilà c’est fini », je n’aime pas la chanson, je n’aime pas le principe, et l’hypocrisie et criante tout de même.

Ailleurs, autrement, c’est demain, tout de suite, là, maintenant, et, comme qui dirait l’autre « c’est la vie », je rajouterai que c’est le hasard aussi, demain…

Par David - Publié dans : L'Ailleurs
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Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /Juin /2008 18:15

Des amants, cet amour, mon aimant, et je ne sais plus, non, de ce qu'il est, de ce qu'il advient, de moi, de nous. A sans cesse se figurer persuadé, en tout cas, convaincu, on ne récolte que la peine mal semée, celle qui s'est répandue là dans les ruisseaux assechés des joies qui ne savent plus pleurer, tant elles sont ternes sans ardeur.
J'ai le malaise du trentenaire qui ne s'est pas reconnu un jour devant le miroir, un jour trop tard où, dire que je n'avais pourtant pas le temps, le temps est venu s'engager dans ma conscience. J'ai la rigolade de ces années là, qui ne furent pas de rire justement, et des autres demain, qui seront ce qu'elles voudront, pourvu qu'elles tendent à l'idéal, même s'il n'existe pas, évidemment.
Est-il possible que l'ex-Amour (notons le "A" majuscule", note d'un recul insuffisant ou d'une certitude glorieuse !?), potentiellement devenu l'Ami idéal (grand "A" toujours pour marquer la symbolique) devienne l'amant (petit "a", le sexe n'est que le sexe...), le confident, que sais-je encore...
Je déconne et j'en étonne, oui me direz-vous, de ceux qui ont assisté à la vie qui part à l'eau, qui se noie, mais pas vraiment, enfin, l'on ne retient toujours que les naufrages, mort ou pas mort.
Mais restent les fidèles, quelques graines bien semées au sol de mes elucubrations, pérégrinations, j'en passe et des meilleurs, ceux-là qui me connaissent et m'aimeront, je le suppose, toujours ainsi. Des par ci par là, à travers un hexagone que je ne traverse plus, mais l'héexagone, et les autres formes n'existent plus pour nous distancier, ils sont là, je le sais, cela suffit. Même s'ils ne font pas le récomfort quotidien, la tendresse j'entend, ils savent l'écoute et l'occasion de dire leurs présences. C'est peu, et tant, ça ne suffit pas tout le temps, évidemment, mais allons bon, un naufrage et quelques survivants, ça ne fait pas d'eux et moi des déshérités de ces contrées là.
Et puis l'amour, vaille que l'amour, un bien bel endroit derrière le grand mur qui s'épaissit de jour en jour. On dirait que l'ouvrier d'écoeurement cimente et cimente encore chaque faille, chaque horizon d'air libre, on dirait que je n'ai plus la taille, que la palissade opaque dépasse de loin mon mètre 70 de certitudes ou de volonté.
L'homme est aspirant, à tout souvent, et soupirant, de rien plus globalement. L'ego qui fulmine, il sent sa raison s'entourlouper en passion pour des causes qui ne contenteront que sa sympathie de lui-même. Un homme, ça ne regarde souvent que les miroirs d'où ne se reflètent que sa propre image, et tant pis si devant lui se trouve l'exception ou l'opposé. J'aurai bien pu me reconnaître dans mon contraire, remarquez, oui, mais je n'ai pas su.
Trop de similitudes, pour marquer tant de différences, et voilà que les époques de voluptés ont cédé elles-mêmes à la facilité permissieuse de solitude. L'amour charnel ? A quoi bon, la veuve s'agite au manche et d'une petite mort n'éjacule même plus de plaisir véritable, rien qu'une toute petite délivrance et de l'hygiène quasi alimentaire. Alors, manquant d'apetit réel, je me suis mis à la diète, comme on se sécurise au portail de l'invaincu solidarité du pauvre.
Est-il possible que l'ex-amour (tenez, plus de grand "A"), qui aurait pu devenir l'Ami, ne soit plus qu'amant de mièvrerie ? Parodier l'amour, simuler le couple, oh oui, voilà ce dont je suis devenu capable. Mais la parodie tourne au pastiche. Sans "accroche-corps", à quoi bon... Certes il est devenu gentil, plus patient, certes il a compris, encore que, que je ne suis ni objet ni trophée, mais j'aurai tant voulu lui enseigner, à lui le pédagogue, que l'on ne s'appartient pas, jamais... Alors je vis en couple, refusant le même lit, les frôlements, les gestes tendres du quotidien, je refuse le corps qui se tend pour un partage commun, d'ailleurs n'est-ce pas le corps seul qui régit là ce refus ? Il ne me fera pas l'amour, il ne me touchera pas, et le temps passant, mon amour agonisant, lui-même ne saura pas, non, me faire retrouver rien qu'une braise encore rouge. Et si je m'allonge là, comprendra-t-il, puisqu'il lit ces maux, que je ne le ferai qu'en silence et qu'il viendra visiter une demeure où le décor n'est pas dressé pour sa venue. S'allonger en silence et ne rien sentir, ne rien vouloir ressentir, simplement se taire et attendre que les "à coups" de petites mortalités viennent vous prolonger ce dégoût de vous-mêmes.
Oui, j'avais besoin d'un toit, d'une aide, d'un ami probablement, et voilà, je n'ai que cela, et demain qui se contrarie sous l'épaisseur de mes recalcitrances.
Et maintenant même que je me suis trompé, des amours au travail, du quotidien aux ambitions minimalistes; maintenant que je fais le tour de tout et que de tout je n'ai plus d'objectifs valables, certes l'interdit n'est plus, certes le champ des possibles a fleuri, mais non, je ne suis pas plus armé, en habit d'offensive.
Je veux bien être proie ou appât mais ai-je bien compris que ma trentaine de vie m'avait dépassé et que les hommes qui passent (maman...) n'ont plus rien dans leur regard, plus de ces jolies choses qu'ils disaient autrefois. Je les ai sans doute rejoint, et je n'ai pas vu que j'avais avancé vers eux, que je m'étais intégré à la "caste" de bien beaux qui ne l'ont jamais été pourtant, mais qui le croient encore.
Si l'on m'interpelle encore, ce ne serait que pour rejouer le scénario d'un séance de cinéma où, cet étranger et moi, ne verrons pas le film de la toile blanche. Une blague de mercenaires qui se rencontrent sans cesse les jours mêmes où ils se quittent aussi.
IL me manque, mais je ne dis plus. Se taire, c'est un infini, tout est vaste, sans considérations, on ne s'accorde plus qu'à s'occuper, de riens, mais les néants ont des facultés d'errance pourtant.
IL est un grand "A", le prologue d'un alphabet dont je ne sais pas déjouer les tours, que je ne connais pas par coeur, puisque le coeur n'épelle pas, il nomme, chaloupe à la lettre choisie, à une syllabe près...
Mais l'on se sent au final bien seul quand même, grand Diable... Le manque d'habitude sûrement, et trop de possibilités pour se perdre que de barrières pour se réfreiner. Si l'impulsivité meurt de force, celle-là même qui vous a causé déboires et misères, alors subsistent les envies, les oublis, eux là, mes ennemis m'entraînant à la fuite...

Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 20:47

...

J'en crèverai si l'on ne m'en sauve pas...
J'en crèverai. J'me sens laid, moche, et si peu digne.
J'en crèverai.
J'veux pas.
Par David - Publié dans : L'ego pleure
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 11:00

De la volonté aux possibilités, il est un champ que je discerne mal, beaucoup d’utopie dans les imageries du « quand on veut on peut » et bien des lâchetés personnelles à se persuader que la facilité est l’une des voies de « possibilité » justement.

Tiraillé entre la reprise en main d’une condition sociale et professionnelle « saine », j’en ai occulté d’autant les vertus sentimentales, les attaches indispensables au cœur, et donc à l’âme, celles qui, au-delà de tout et du reste, contribuent aussi, et non à moindre effet, au confort et à l’équilibre de vie.

Déshérité soudain d’un amour incommensurable, je me suis noyé dans le travail, les activités à outrance, réalisant même que je pouvais avoir de l’ambition et mettre des actions en œuvre pour l’atteindre. Le travail a valeur sociale évidemment, mais au-delà, par-dessus, il a pouvoir de guérison, en tout cas d’abstraction ou d’oubli, même momentané. Travailler, plus que raison probablement, c’était, de suite et dans l’urgence, la solution idéale aux maux du cœur. Et j’ai ainsi engrangé des responsabilités, des possibilités, des vœux futurs, sur un court terme qui, ce jour, vient de parvenir à son échéance et quel terme ! Une bien belle confusion tragique telle que je ne la soupçonnais pas.

J’ai pêché d’orgueil à nouveau, à défaut de m’être laissé envoûter par mon impulsivité habituelle. Méthodique et résolu, j’ai suivi les conseils de l’être perdu, mais resté indispensable, à savoir, consolider mon existence, mes repères, vaincre certains démons, ne pas en appeler d’autres à une conscience déjà bien défaillantes. Oui, l’ordonnance du docteur de l’amour volatilisé promettait de belles espérances si je n’avais pas agit avec une dévotion que je n’avais jamais jusqu’alors maîtrisée.

Au jeu du travail et du semblant de responsabilités que l’on suppose détenir, au jeu de l’avenir à évoluer qui vous ensorcèle pour des motifs bien secondaires ma foi, on se laisse prendre, arracher au poids de l’instant qui lui, stagne et crée les impasses parfois.

Alors, j’ai « gagné », oui gagné le lot misé et tiré par des efforts déployés rapidement. Une nouvelle vie, en tout cas une alternative se présente, longtemps, mais vaguement, espérée, une voie professionnelle légèrement différente. Autrefois une ambition réelle, ce n’est plus aujourd’hui qu’une « solution », un écart entre la fonction actuelle et celle proposée. Pour cela, il me faut recommencer, encore, ailleurs, autrement.

Et pour ce faire, l’ironie me joue une bien piètre comédie. L’ironie a remporté le « package bonhomme en errance ».

Certes, je n’espère plus rien de lui, si loin là-bas. En tout cas, si espoir il demeure, celui-ci est tempéré, ne s’est pas donné d’exigence et d’échéance. Je ne souffre donc plus, au contraire, j’oserai même prétendre à une certaine quiétude, et pour la première fois de ma vie avec lui, désormais que cette vie commune est déliée (ironie encore), je nous sais sur la même initiative, sur une pensée à peu de chose près similaire.

Aurait-il fallu se battre d’avantage, une reconquête que je savais vaine et périlleuse, ou fallait-il tout brûler, arracher et déchirer, qu’il ne reste rien que moi avec moi, sans lui définitivement ? Ni l’une ni l’autre de ces routes ne convenaient à la force du lien subsistant, ni l’une ni l’autre ne préserveraient un respect et des envies encore réciproques. Alors je me suis plié à son exigence d’abord, puis j’ai adopté cette façon de me laisser apprivoiser. Je l’aime, il m’aime, nous ne vivons pas ce sentiment, nous ne savons qu’en faire, ne voulons pas en décider, mais nous respectons et tenons, pour le moment en tout cas, à un lien au minimum régulier et sincère.

La volonté ne paie pas de prime à la joie ou au bonheur, ou alors, je n’en ai pas encore bénéficié !

Certainement vaniteux, peut-être me suis-je trop dévoué à « eux » les êtres aimés, donnant tout, absolument tout, oubliant certainement les considérations matérielles, car l’égo lui est toujours resté concentré sur l’imparable besoin d’être aimé, mais j’ai omis d’être, dans un cadre social et structuré, de m’investir et me repérer à des consolidations avérées.

Et, pour une fois où je m’engageais sur ce chemin du « moi pour moi », au départ à reculons je l’admets, voilà que les résultats, la concrétisation, sont si ironiques qu’ils me font rire de larmes amères. Pleurer, oui, parce que tout cela n’a pas de sens, ou bien trop justement, même si je me refuse de croire encore à la destinée toute tracée.

Je présumais de forces donc. Je m’inventais un détachement, une distinction facile entre le pensable et le réalisable, une projection prétentieuse de mes réelles aptitudes, et psychologiques et physiques.

Je vais aller là où l’on m’attend, où j’ai demandé à aller. Je vais aller là où la volonté comblée n’offre pas d’issues aux possibilités de réalisation. Je me fais nouveau marchand de leurres et proie volontaire. Je me fais objet conscient et assumé, je me fais instrument de dépendance et de soumission partielle.

Mais j’ai peur, des envies de vomir la chair que je ne m’imagine même plus frôler, des nausées à l’orée d’un quotidien à feindre, pour une durée que je sais, de surcroît, potentiellement longue et pénible.

Alors, oui, l’impulsivité de tout instant et de tout domaine me galvanise à nouveau, des envies de tout et n’importe quoi, de fuite comme souvent, de désaccord encore, et d’irréparable probablement.

A cette question de la stabilité sociale aux dépends de la dignité, je ne sais quelle sera ma préférence, mon choix, ma volonté. Etre seul n’engage que moi, pauvre constat de traitre et de lâche, mais si seulement j’avais été deux sur ce coup là.

Ironie, le malheur de l’un fera toujours le bonheur de l’autre. Mais combien puis-je endurer ou supporter, pour ne pas dire souffrir.

La seule « fierté » éprouvée, et encore, ce n’est que justice, c’est de n’avoir pas menti cette fois, d’avoir été clair et vrai. Même si dire fut cette fois une horreur à arracher de mes sentiments, de mon affection, je ne parle même plus d’amour, par pudeur, mais non, je n’ai pas tu ou caché, tout a été exprimé, hélas ou heureusement.

J’ai peur. Et je n’ai pas la réponse.

Par David - Publié dans : Juste L'Ego
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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 10:30
Finalement, et comme prévu, cela n'aura pas été difficile de partir, cette fois. Le séjour ne devait durer qu'une semaine, la semaine échue, les bagages remplies, il partirait ce matin pour sa tournée matinale et j'embarquerai le chien, les valises et ma fatigue (vendredi 13 de malheur !), direction la gare...
J'ai fumé ma clope sur le balcon, le regardant s'éloigner, avec son sourire toujours aussi distant, pas d'émotions particulières, enfin si, de la bêtise, celle de se dire que c'est vraiment d'une stupidité absolue de revenir chaque fois et de quitter les lieux toujours et encore... Mais j'allais mieux, je vais mieux, quoiqu'il se soit ou non passé entre lui et moi, rien ne changerait plus, dans le court terme, et il faudrait l'accepter, pour ne pas dire l'assumer...
"Au revoir, à bientôt", des "prends soin de toi" ou des "merci pour tout" et une dose de choses qui ne se disent plus mais que j'ai appris à entendre.
Et puis merde, voilà que c'est le toutou de monsieur qui me fait fondre en larmes... Une bonne demi-heure après le départ du maître de maison, je quittais le domicile en laissant le petit chien qui, à peine la porte refermée, gémissait de plaintes à voir son compère partir (et moi aussi je crois ?!)
Des larmes, des larmes, des larmes... Bref, une histoire canine, on dira ça comme ça...
Est-ce pour bien faire ou pour réellement me mettre dans un embarras réel que la sncf Languedoc Roussillon a décidé de se mettre en grève ? Et je précise bien "Languedoc Roussillon", là où je me trouve, car évidemment le réseau ferré national a repris le travail LUI !!!
La SNCF m'a jeté un sort, chaque voyage est un périple terrible, une épreuve monumentale. Dernière épopée en date, parisienne cette fois, je loupe mon train, je me tape 150 euros de billets pour le prochain départ et je porte plainte contre un vigile de la gare de Lyon...
Enfin voilà, recherche monsieur désespérément dans les ruelles catalanes, s'vous plait m'sieur, pourriez-vous m'héberger une nuit de plus, et me donner vos clés pour que je puisse éventuellement rentrer chez vous déposer ces bagages énormissimes... Monsieur pas très content, ou alors fatigué (sa version)... En même temps, je le comprends, fin de semaine, lassitude et épuisement général, ne voilà-t-il pas qu'il se paie l'ex un jour de plus...
Et le pire est que les draps sont partis à la machine à laver, ben ouai quoi, je fais les choses bien moi quand je pars...
Un jour de plus...
Après l'épisode de la nuit dernière aux urgences vétérinaires, les frasques insomniaques de monsieur et les nouvelles de la veille qui, probablement, modifieront considérablement mon avenir proche, non, ça ne va pas plus que cela. Pas de déprime véritable, encore moins de désespérance, mais la boule au ventre, les nausées, ces fourmillements que je reconnais parmi mille et qui annoncent des éventualités que je n'ose nommer, que je ne voudrais absolument pas revivre ici, en ces lieux. Non, ça ne vas pas, pas plus que ça.
Le repos m'est indispensable, et j'ose le dire, un retour aujourd'hui m'aurait octroyer un dimanche de farniente totale. En remplacement, l'angoisse, le qui vive et l'inévitable impression de toujours déranger.
Envie de dormir, mais dormir vraiment quoi. 33 ans, est-on si usé à cet âge là ? N'importe quoi ! Mon corps ne m'appartient décidément plus, et dans tous les sens du terme...
Par David - Publié dans : Le quotidien
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /Juin /2008 19:07
Oh non je ne t'aime pas... Oh non, ne crois jamais cela, ici et maintenant et pour des mois, que dis-je tout ce qui reste à venir.
Je ne te déteste pas, pire, je n'ai même pas de haine. Mais ton omnisprésence, suffisante, arrogante et souvent déplorable, ne me laisse pas, tu seras content, de marbre. Pour quels effets donc ? Rien, mon seul mépris, et je dirai que ce n'est justement pas rien.
Renier un amour, cet amour là, où tu m'aurais soit disant tout donner, mais de qui te moques-tu, toi qui n'aura rien perdu, tout retrouvé, de qui te moques-tu, enfant de mauvais bourgeois, famille raciste et intolérante dont tu te vantes et dont tu clâmes la ferveur qu'elle te dédierait. Mais tu ne vois rien, même pas le dédain qui est accordé à ta pauvre homosexualité, à tes amants si mal choisis parce que ne correspondant pas "aux règles" familiales. Oui, il s'agit ici bien de moi, pédé sans se cacher, pédé sans se revendiquer, porteur de la mort, celle-là qu'ils auraient tous bien voulu voir s'écarter de toi. Et, lorsque je te quittais alors, quelle ne fure pas leur joie...
Tu n'es pas différents d'eux cher ami, tu n'es qu'eux, abrité derrière l'inculture, et, ce ne serait pas tant un défaut, si seulement, il ne te manquait pas cruellement d'intelligence et de finesse.
Le sacrifice n'en fut jamais un. L'autre bout du monde était une aventure qui, si je devais la reconduire, se referait sous les mêmes éloges. Mais ton amertume l'a nommée sacrifice, ce don de moi que j'avais admis pour nous.
Tu as pris beaucoup plus que je ne pouvais donner.
Tu as interdit tellement d'urgences qui m'auraient fait, en tout cas du bien, de la sérénité.
Tu as fait des promesses, qu'importe qu'elles n'aient pas été tenues, tu n'es pas homme de paroles, d'aucunes voix, seuls l'argent, le pouvoir et la réputation gouvernent tes pulsions, tes émotions, et tout ceux qui acceptent de t'entourer. Oui, probable que mes amis sont rares, mais ils sont, là, précieux, indispensables, et présents. Pourras-tu en dire autant ?
Tu n'as pas gagné. Avant lui, il y en eut un, et peut-être plusieurs, autres... Des aventures, des plaisirs intenses, des furtivités charnelles, oui, tu n'étais déjà plus bien avant que lui ne soit.
Sous tes yeux qui ne voyaient que la parade d'un couple tellement à ton image, tu n'étais que seul pendant que je suçais le pharmacien du coin dans la pénombre d'un cinéma de quartier, je m'engageais dans son intimité, chez lui, bronzait nu sur sa terrasse, et toi ? Tu ne savais, ne voyais et ne te doutais de rien.
J'avais besoin des soins que tu m'interdisais, pour ne pas les comprendre, et tu votais déjà pour cette merde de France pour laquelle tu applaudis encore.
Et puis, oui, lui est arrivé. Bien après que tu fus enterré très profond dans la terre de ma rancune.
Tu aimes à te dire qu'il n'existe plus. Tu aimes à te dire qu'il ne viendra plus, s'interposer, se faufiler dans nos travers. Mais, je dis bien "mais", avant de te figurer le moindre "nous", sache qu'il sera là, encore longtemps, oh oui longtemps encore.
Tu n'as rien gagné, tu es juste faible, alors que je croyais moi-même l'être, tu es la faiblesse, et le manque de fierté.
Je te méprise, ton corps m'écoeure déjà, ta voix m'insupporte, tu ne seras rien, rien.
Fais de mon corps ce que tu voudras, je te souhaite bien du malheur dans ce désir qui ne renaîtra pas, et duquel je ne souffrirai pas, crois-tu vraiment que l'amour physique avec toi fut une réjouissance ? La question se répond d'elle-même.
Tu n'as pas gagné.
Par David - Publié dans : Le quotidien
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /Juin /2008 10:34
Tais-toi...
Tais-toi, le corps tremble et la peau frémit. Ils étaient biens ainsi, serrés l'un contre l'autre, farouchement enlassés, ses jambes entre celles de son amant de la nuit. Tais-toi, ne fais pas ce que je dis, mais laisse dire nos corps... Il aurait suffit de cet instant, ses bras autour de son buste, sa tête camouflée dans son cou, il aurait suffit de ce seul moment de grace pour que l'un des deux hommes satisfasse ce manque cruel de tendresse et de douceur. Il ne dira pas non aux gestes qui suivront, ceux qui iront là où personne n'allait depuis bien des mois.
Sa chair vascille et l'autre, d'une feinte assurance, d'un désir indéniable tant son coeur bat fort, vite, cinglant, l'autre prend de l'emprise sur la bouche désormais muette du garçon qui n'attendait rien.
Tais-toi...
Et l'innocent parle maintenant au sexe durcit, ce sublime qu'il connait si bien, dont il s'est si souvent rappelé le goût et les formes. l'innocent n'en est plus un, qui enrobe de ses lèvres l'instrument des non dits, de l'amour qui doit se taire, puisque les amants ne feront pas acte amoureux.
Il comprend maintenant quand, à son tour, il offre son excitation à la bouche de son partenaire, et tous les deux, dans un mélange de caresses et de plaisir assumé, s'offrent la franchise de leurs virilités respectives.
Il n'attendait rien et profite désormais de cet instant qu'il voudrait voir se suspendre. Juste autour de son gland humecté de désir, la langue salivant d'une envie opressante, rester ainsi, ce sexe en bouche, ce lui en soi, toutes paroles auraient été confuses et idiotes, les gestes ont pris possession, l'ardeur a gagné la sensation et l'esprit est au dehors de ce lit d'où les draps s'écartent et se chiffonnent.
Tais-toi...
Il ne dira maux, jusqu'aux instants qu'il ne voudra jamais fatidiques, jusqu'à ces morts là que l'on prétend petites et qui ont toute la grandeur des sèves qui implorent qu'on les délivre.
Il ne dira pas, non, qu'il est déjà trop tard, "qu'il ne voulait pas", ou alors dans un spasme final qui s'écoulera le long du bras tendu de l'homme tant attendu, voulu, depuis... Depuis combien de jours maintenant.
Tais-toi, la peau aux gouttes de savon qui ont lavé son dos luisant de son bonheur sans bruit, de son aveu final, il n'est plus innocent de son corps nettoyé de l'amour qui est venu là quelques secondes le surprendre. Il n'est pas surpris de devoir réaliser que le charnel et la sensualité n'auront pas vocation amoureuse.
Il fume.
Il se tait encore, ou raconte les broutilles qui le désengageront. Puis, allongés à deux à la couche qu'ils ne devaient pas partagés, ses doigts caresseront jusqu'au sommeil son visage puis ses cheveux.
Tais-toi, l'autre se retourne et le résolu implore la nuit, son silence et le sommeil de l'emporter avec eux.
Il se tait maintenant, il n'a pas gagné, il n'a rien perdu, il sait qu'il a admis le silence et que toutes les paroles à venir auront le sens de ces mots qui parfois ne se disent pas et parlent tant...
Par David - Publié dans : L'ego aime
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /Juin /2008 07:06
Je voudrais qu'ils soient regrets, mais ne demeurent que quelques miettes de mélancolie, celles-là qui font qu'effectivement manque ou tristesse altèrent de tous petits milimètres la distance entre toi et moi désormais. Regretter ne me servirait à rien, non, pas plus à ma détresse qu'à mes espoirs d'ailleurs, les regrets sont vains. La formule est connue, mais ce qui est fait n'est plus à refaire...
Nul ne pleurera plus, cette fois, à la croisée des "au revoir", car chacun savons qu'il n'est que cela, des promesses, certes incertaines mais lucides, de lendemains dont nous ignorons tout. L'adieu n'existe ainsi pas, et sans complaisance, on ne tournera même plus la tête en arrière pour constater que la pas de l'autre n'emboîte plus le nôtre. Voilà, je n'ai pas mal, non, pas vraiment, tout n'est qu'au dessus de tout "ça", de nous, des autres qui ne nous voient plus (et ils auront raison), de quelques uns qui inventent encore pour nous (et ceux-là n'auront pas tort non plus), non, je n'ai pas mal.
Par où je m'en vais, il n'y a de la place pour qu'un, je crois. Hypothèse car la destination n'est pas définie, tout comme la place à occuper. Tu n'y seras pas, je ne rechercherai pas, pas là en tout cas, je sais où tu restes, là, sans moi, peut-être avec un je ne sais qui, mais tu seras là. Que te souhaiter de mieux, de moins, que "lui" ? Je ne saurai dire en vérité. Ta solitude m'effraie. Elle me tétanise depuis les tous débuts, la génèse qui ne prétendait encore rien des suites que nous lui avons données. Cette manière à toi de ne pas souffrir, en apparence je crois, du calme et de l'absence.
Mon dernier jour avec toi, pour cette fois, et combien de fois encore ? Je ne calcule même plus. Je ne prévois rien. Je n'ai pas de date à te donner et je te quitte, pour la première fois, sans réelles retrouvailles certifiées. Un concert ? Peut-être, et alors ? L'histoire d'une journée ou peut-être plus, qui sait... Je ne sais rien que ce tu m'as, à juste titre, interdit de penser, d'espérer...
J'ai moi-même parcouru un chemin où les idéaux n'étaient plus à supposer, où les rêves se devaient de n'être que paillettes pour embellir, et surtout, surtout, où la vie serait à consolider, pour ne pas dire "construire". J'ai fait du chemin, un tout petit bout de chemin, vers des alternatives telles que la gentillesse ou une certaine forme de générosité. Mais ne m'ont pas quitté encore l'ego déplacé, l'impudeur des pulsions enfantines, les vérités non soignées... De tous petits progrès, et je sais, j'ai compris, que tu n'espérais que cela de moi, que cela pour moi. Tu m'aimais bien mieux que moi ! Il n'était pas d'amour le plus fort, le meilleur, non, j'ai tort. Il n'était que des amours différentes, des façons de se considérer, des manières de se regarder.
Fallait-il d'une amitié avérée, sincère et plausible pour que tout renaîsse, pour que tout se comprenne enfin et s'enracine sur des fondations bien plus solides ? Je ne sais pas, ne le crois pas. Il manquait peut-être de douleur, de cette douleur là qui fait que devant l'imparable, on résiste et combat, en redorant son blason et la bâtisse que l'on choisit ou non de reconstruire commune.
Comme je l'ai déjà dit le champ des possibles est immense, la liberté de l'impossible aussi, et s'engage dans ce constat nos libertés.
Je ne peux m'empêcher des amertumes aux berceaux des yeux. Quelques larmes que je vais cacher, à penser déjà l'avenir, mon avenir, celui que je sais, probablement inévitable, en tout cas, seul accès possible pour l'immédiat.
"Il" ne changera rien en mes sentiments. "Il" n'est qu'un vieil homme aujourd'hui, plus apaisé, quoiqu'il représente comme danger encore. Je ne suis plus un enfant cependant, et ce que je peux donner de mon corps n'est pas de nature à le blasphémer encore. "Il" n'est qu'un rien qui ne m'obsède en tout cas plus, le cas est résolu, je n'avais rien à venger ou pardonner, son sort était joué, il est à cette place que je ne lui envie pas, celle des hommes de la marge qui, un beau jour, se retrouve dans la pénombre, sans personne. Je ne serai donc qu'un objet, et je n'en ai cure, mon corps ne gémit pas lorsqu'il n'aime pas. Et je sais n'être qu'un corps.
"Lui" est probablement plus "dangereux" en ce sens qu'il n'est pas innocent de tout. Et, à choisir, il est vrai que "lui" me ferait plus peur. Mais enfin, un homme qui m'aurait menacé, qui ne t'aurait pas respecté, et, soyons honnêtes, que j'ai quitté pour toi, comment se pourrait-il que cet homme là ressurgisse d'un passé dégoulinant de certaines vilénies. Je ne l'aime pas, il ne m'aime pas, car, j'en ai compris le sens, ce qu'il adule, c'est aimer posséder, détester perdre. Et si je ne sous estime pas sa virulence et ses égards envieux, "lui", ne saura pas détourner ma volonté de retrouver une certaine dignité. Pour "lui" encore, je dirai d'ailleurs pour moi, je ne saurai être qu'un corps.
J'ai peur, évidemment, qu'ils me fassent mal, que je ne mesure pas assez les risques et que surgissent en moi, sinon la haine, en tout cas le mépris, que nous savons stériles de tout. Et, si j'ai peur encore, ce n'est pas tant de moi, mais plus certainement de toi, des réactions engendrées par mes choix que je te sais avoir compris compliqués, pour ne pas dire "en impasse"...
Qu'"il" ou "lui" ne modifient rien, je voudrais te le supplier, sans droits pour cela. Mais s'il te reste l'espoir, non, au moins l'estime de moi, dis-toi alors, que ce ne sont que des "moyens de" et non des "issues à"...
Il fallait que je retrouve la combativité pour le corps, et l'ambition pour la carrière, c'est ce que tu voulais. Je crois même ne pas me tromper en disant que si tu ne m'as jamais demandé de rester ou de revenir, ce n'était que pour cela, que pour moi. Tu m'aimais. Tu voulais que je réalise là où je ne le faisais pas, ou mal, des choses utiles et efficaces, pérennes et solides. Je me suis engagé, hasardeux sur cette voie, et tu auras eu raison. Il me faut la stature sociale, il me faut la force physique, alors je ne saurai revenir, là, immédiatement, sans que je ne sois devenu plus fort, peut-être "meilleur". Et admets que le chemin engagé me réussit pour le moment...
Oublions les ces deux hommes là, veux-tu, même s'il m'est plus facile de me le convaincre que te l'imposer. En tout cas, ne crois pas d'eux ce qu'il ne seront jamais. Et je ne dis pas pour cela que tu "es" ou "seras" puisqu'encore une fois, je ne sais rien de "nous", lui même entre parenthèses. Je dis que j'ai besoin de ton estime au moins équivalente, sinon grandissante. Je dis que tes avis ont valeur de progression et que ta tendresse a couleur de réalisme, peut-être d'optimisme. Ne me quitte pas, en ces sens là, seulement en ceux-là.
Pour le reste, nous sommes libres, je reconduis mon propos. Je m'avoue enchaîné de toi, sans honte non plus, j'avoue vouloir le rester longtemps, mais j'admets aussi que je ne sais rien de demain. Je n'ai pas confiance en une quelquonque fidélité de toi, non pas que tu sois homme à trahir, mais bien d'avantage parce que l'incertitude des horizons m'empêche clairement de prétendre avec vanité.
Si tu conserves alors l'idée de ma présence, de mon existence, alors rien, je dis rien, ne brisera le "lien" quel qu'il soit. Tu sais mon orgueil et mes entêtements, je ne serai jamais l'objet soumis ou asservit de qui que ce soit, même plus de toi, c'est dire 
Je m'en vais demain. Je n'ai pas peur. Je ne suis pas triste. Ou alors, d'une tristesse qui ne va pas se liquider en place publique. Je m'en vais demain, mais demain est aussi un jour où nos voix, nos mots, que sais-je d'autres sauront longtemps se dire que nous sommes là, pas si loin que cela.
Je t'aime. Ne pas le dire, l'assumer serait bien pire. Il en est ainsi des histoires qui, j'ai envie de le croire, en s'échouant sur les rochers aiguisés, ne se brisent ni n'éclatent en mille morceaux de pourrière éparpillée. Il reste ces réalités de nous, il reste, une substance, de l'inqualifiable mais du véritable.
Je t'aime, tu le sais bien va. Et je sais aussi ta réponse à ce qui n'est plus là, une question.
A bientôt.
Par David - Publié dans : L'ego aime
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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /Juin /2008 10:03
Que m'arrive-t-il donc, je n'avais alors jamais vécu cela, étrange mélange de sérénité et d"engouement, mêlés de confusion et de dcoueur. On dira là qu'il n'est que du positif donc. Certes, c'en est, oui, réellement, et pourtant, ne pas comprendre, se reconnaître, "maîtriser", c'est bien le mot, tout ceci manque à cette propre vision que j'avais et ai toujours eu de moi.
Tu es là, je te regarde avec un amour fou, une tendresse quasi fusionnelle, ce qui ne veut pas forcément dire réciproque, quoique je le pense comme tel, et pourtant, notre immobilisme, non, nos pudeurs ou respects mutuels empêchent toute communication aux corps, les mots sont eux aussi vaincus par le doux enrobage qui nous caresse. Je suis heureux, si calme, apaisé en sorte, et je n'attends pas, comme j'ai toujours patienté, une finalité, je ne recherche pas, ni but, ni quête, qui ne soient être ensemble et profiter là, des ces instants. Ils seront évidemment trop courts, ils ont noués en quelques heures un lien incomparable, qui probablement souffrira d'un certain manque, mais enfin, j'ai la sensation de pouvoir enfin survivre...
Des résidus de notre amour ? Certainement, je ne nierai pas qu'ils viennent ici fausser la donne. Il subsiste quelque chose, que je peux m'avancer à supposer commun, mais non, cela ne fait pas tout. Entre ta volonté farouche d'écarter toute attitude compromettante et mon constat d'échec face à ma vie "matérielle" (qui me séparera indéniablement de toi), il y a cette distance intime et lucide qui nous retient encore. Saurons-nous la préserver, toi tu pourras, très certainement, tu en as soit l'expérience, soit la certitude pendue à ton regard. Moi, j'ignore tout des minutes qui s'amusent de nos deux sorts réunis une nouvelle fois sous ce toit jusqu'ici inconnu.
Je ne vais pas m'acharner à prétendre que je suis le même, oh ça non, j'ai réellement changé, encore que cette vérité ne veuille ni dire "grandir", même pas "mûrir". Et si j'ai changé, ce n'est que d'avoir assimilé des notions et non des vérités. La patience, la tempérence et peut-être un respect de l'autre plus avéré, oui, des notions, des bases à solidifier. Toutes viennent ici contredire ma nature impulsive, une certaine insouciance impudique et un ego qui, trop souvent, nie les raisons d'autrui. Je ne suis qu'au début de tout cela, irai-je d'ailleurs plus loin, rien ne peut me l'attester, je n'ai que des révélations devant toi, là, tout au long de ce séjour si doux.
J'ai voulu te faire l'amour, soulevé ta chemise pour y glisser mes mains et remonter celle-ci afin que ma langue goûte à nouveau au sel de ta peau. Tu n'as que peu résisté, mais tout de même, avec une certaine douleur mélancolique. Je n'ai pas été véxé, je n'ai pas ressenti de contradictions, j'ai juste vu, entendu, compris. Et ce désir de toi s'est naturellement apaisé, devant ta fragilité avouée, à ne pas aller plus loin.
Je dors dans la chambre d'amis, cette pièce qu'une fine paroi sépare de la chambre où nous dormions il y a peu. Combien de fois ne me suis-je pas dit avant de m'endormir "vas-y, rejoins le", et probablement (non point de l'orgueil, juste une sensation) ne m'aurais-tu pas repoussé, mais je suis resté ici, ni en peine, ni vaincu, le sommeil m'a dérobé à ces pensées suspectes et la matinée du lendemain fut douce à nos regards.
Alors oui, je me demande bien ce qu'il m'arrive. J'éprouve une fierté indéniable, l'orgueil cette fois, de vaincre ainsi mon insolence immature, une joie presque à découvrir, avec toi, les possibilités d'un autre champ. Un rapport qui ne se veut pas une amitié que nous n'avons pas suffisamment éprouvée, un amour qui, aujourd'hui, ne peut que se suspendre même si rien ne le défini comme mort ou résistant, des rapports qui ne ressemblent en rien à ce que j'aurais pu vivre avant.
Je mentirai à clâmer que mon amour est mort. Je mentirai encore à dire que la peine est révolue et que la colère est éteinte. Il reste de ces sentiments seconds au deuil indispensable, oui, mais sans conséquence, sans agissements qui ne nous atteignent, toi en particulier, avec trop de virulence. Evidemment que l'amour est là, qu'il le sera même toujours, et c'est très bien ainsi. Je ne crois plus en ces portes que tu prétends closes, je ne crois plus en ces portes que je me rassurais de savoir toujours béantes. Non, je ne crois qu'au cours des choses qui, ma foi, n'est jamais "droit" et tracé impéccablement. Notre précédente rencontre fut douloureuse en bien des points, le séjour actuel est un délice, alors même que je ne voulais plus vraiment revenir à toi, préférant la souffrance d'un abandon réel que de nouveaux risques à me déchirer de ton indifférence. Tout peut arriver, rien ne peut arriver, je ne sais rien, et la fatalité ton amie m'emporte donc en cette conviction.
Ni amants, ni amours, ni amis, voilà que tu me donnes une tendresse que tu n'auras jamais autrefois, aussi naturellement offerte, et une complicité, un intérêt visiblement sincères. Alors serai-je vraiment le seul à avoir changé ?
J'ai tellement voulu croire que tu ne m'avais jamais aimé, qu'un homme tel que toi ne pouvait s'enticher d'un homme tel que moi, que la solitude m'a prouvé à quel point je n'étais pas le seul à souffrir et donc, à avoir aimé. J'ai tellement voulu croire que tu ne serais pas la personne la plus "adaptée" pour affronter avec moi les coups de la maladie, que la solitude m'a prouvé combien, seul, je vascillais aisément dans cette auto-destruction permanente et enfantine. J'ai tellement voulu croire que je n'aurai jamais la place qu'IL avait, que la solitude m'a prouvé que j'en avais trouvé une autre, aussi valorisante, auprès de toi. Il n'est qu'après, encore que je ne situe pas l'après, il n'est que désormais que je réalise. Dommage dirons-nous, non, puisque l'essentiel était de comprendre justement.
Mais m'accuser n'est plus ce que je sais faire de mieux, ce n'est que de l'ego déplacé encore. M'accuser est vain. La maladie, l'argent, que sais-je d'autres, nous auraient finalement séparés, en l'état alors des choses. Je ne cultive pas le regret à outrance. Je regarde devant, difficilement certes, je ne mens pas, mais je n'ai pas baissé le regard vois-tu...
Tout se reconstruit sans toi, et je crois comprendre que c'est ce que tu désirais.
Ainsi, rien ne s'est refermé. Ne pas nourrir d'espoirs, ne pas non plus combattre ses sentiments ou émotions. Tu as souvent prescrit à ma vie qu'elle se devait de retrouver des repères, peut-être se soigner, et elle s'est engagée à le faire, lentement, si lentement. C'est ce temps là, celui de la guérison, encore que l'on ne guérisse jamais vraiment, tout juste apprenons-nous, ce temps qui risque de nous défaire, ou au contraire de nous consolider, malgré le manque et l'attente.
J'ai voulu jusque là penser que nous nous retrouverions forcément. Je le pense encore. Mais il n'y a plus dans cette idée de certitudes toutes faites ou de but à atteindre.
Les seules craintes qui résistent à ce beau discours résident dans ces pensées qui te sont quotidiennement dédiées, comment vas-tu, prends-tu soin de toi, etc... Et, forcément, l'inévitable question d'un amour qui viendrait faire chavirer l'un de nous vers une berge opposée. Nous ne pourrions rien contre, nous ne ferions rien à l'encontre, mais nous en souffririons certainement. J'aime à le penser, avec cette boule au ventre qui fait que la supposition est cruelle.
J'ai fêté, voilà 4 jours maintenant mes 33 ans, avec toi, toi seul que je pensais pouvoir me protéger d'un jour nauséabond. Et ce fut un anniversaire paisible, ta seule présence suffisait, tes silences aussi, et les regards qui ne mentent jamais.
Voilà donc mon cheminement, un constat d'étape, et je suis bien, juste bien, ce n'est pas si courant !
Par David - Publié dans : L'ego sourit
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 18:16
Bientôt un mois de bonne humeur, de douce hébétude, quasi enfantine, de la légèreté, une insouciance qui n'en est pas vraiment une mais qui en a tous les bénéfices, de l'indifférence pour ce qui m'aurait bien souvent autrefois atteint, bref, une sorte de bien-être, même superficiel, qui me laissait "flotter" au dessus du grand vide sidéral dont je n'avais toutefois pas perdu conscience.
Et puis voilà, en deux jours, deux jours seulement, voilà que le nuage s'évapore et que plus rien ne me retient en apesanteur, en deux jours le tapis de coton s'est volatilisé en me laissant à l'agonie d'une chute vertigineuse.
Et je tombe, et je tombe, deux jours que cela dure...
Une heure d'antenne radio consacrée à celui qui nous sert de président écoutée ce matin, était-ce bien raisonnable avant de partir travailler ?
Des finances que je tente tant bien que mal de redresser et, hop, nouveau coup fatal, genre la facture de trop qu'on avait bien oubliée mais qui elle savait que vous existiez toujours, et qui réapparaît soudain, et tous les projets qui s'envolent d'un coup...
Les trente et quelques poussières qui arrivent à grand pas et que l'on souhaitait passer en un lieu précis et que, faute d'argent justement, et par mauvaise fierté, on devine comme étant bien solitaires, trop solitaires.
Un avenir professionnel auquel l'on donne vraiment sur le coup toutes ses chances et qui semblent s'assombrir pour de vagues considérations incompréhensibles.
Des proches qui sont dans une merde noire, peut-être plus que vous, qui n'ont plus le coeur à vous donner de leur nouvelle et que l'on n'ose plus trop joindre non plus.
La perspective d'être encore plus pute que l'on se sentait déjà pute, passer du second degré au premier degré.
Le retour d'un prédateur et la sensation de se complaire comme la proie idéale.
La culpabilité d'avoir coupé tous les "ponts" avec le système médical, de ne plus respecter, ou alors selon les humeurs, les obligations en ce sens.
La merde des gens rencontrés chaque jour et que je prends en pleine gueule parce que je ne sais pas quoi faire d'autres que de m'imaginer que je peux leur en délester de quelques grammes. Et rentrer chez soi avec des histoires en tête qui ferait pâlir une Cosette moderne.
N'être nulle part, en tout cas pas chez soi et ressentir chaque jour un peu plus le manque, et d'attaches, et de repères.
La vie sans Monsieur évidemment, et les informations grapillées ça et là au lointain, son lointain, qui sont comme des balles tirées en plein coeur, sortes de lacérations bien sournoises sur l'oubli qui s'épouse à la jalousie et le manque.
Bref deux jours, rien que deux jours pour retrouver le climat d'antan, et s'en sortir bien maussade, non pas déprimé, juste inadequat et transparent.
Voilà, fatalité comme dirait qui....
Par David - Publié dans : L'ego pleure
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L'humeur Musicale


Alain Bashung
"Je T'ai Manqué"
Extrait de "Bleu Pétrole" (2008)
   

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